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Guinée

Guinée: l'opposition critique la lente installation des conseils communautaires

Le président de la République, Alpha Condé, et le chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo, lors d'une rencontre à Conakry, le 1er septembre 2016.
© AFP/CELLOU BINANI

Plus de sept mois après le scrutin communal et communautaire en Guinée, Conakry peine à installer les élus locaux et ceux qui sont déjà installés le sont au compte-gouttes. L'opposition accuse le pouvoir du chef de l'Etat Alpha Condé et la mouvance présidentielle de corruption et d'achat de conscience pour détourner les conseillers de l'opposition.

Plus de sept mois après les élections locales, l'opposition guinéenne dénonce des irrégularités quant à l'installation des exécutifs communaux. Elle accuse notamment le Rassemblement du peuple guinéen (RPG), le parti au pouvoir, de corruption. Elle l'accuse aussi de n'installer les exécutifs qu'au compte-gouttes, une fois certain que les conseillers lui seront favorables.

« L’opposition républicaine est frustrée par les nombreuses irrégularités qui entachent l’installation des exécutifs des conseils communaux, déclare Cellou Dalein Diallo, le président de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Ils se font en violation flagrante des dispositions légales. Le RPG arc-en-ciel, appuyé par des administrateurs territoriaux, se livre à une corruption éhontée dans nos villes et nos villages et ont décidé de n’installer les exécutifs dans les communes que lorsqu’ils auront retourné les conseils de l’opposition républicaine. Ceci est inacceptable ».

« Aujourd’hui, on n’a aucune visibilité sur le calendrier d’installation des exécutifs dans les communes, ajoute-t-il. Ils n’ont pris aucun acte. Ils installent à leur guise, lorsqu’ils se rendent compte qu’ils sont suffisamment forts, qu’ils ont corrompu, acheté les consciences des élus de l’opposition. C’est inacceptable. L’opposition ne peut plus accepter cela et a décidé de reprendre sa série de manifestations ».

Election de proximité

« Comme d'habitude, il s'agit là de la façon d'opérer de l'UFDG, qui a tout le temps crié à la fraude », répond-on du côté de la mouvance présidentielle.

« C’est une élection de proximité, donc une affaire de cousins et de cousines. Très généralement, les choses ne se jouent pas forcément selon les orientations de tel ou de tel parti, affirme Souleymane Keita, le coordinateur de la cellule communication du RPG, pour qui les accusations de l'opposition sont infondées. Elles dépendent beaucoup plus de la qualité des candidats que vous présentez et des rapports particuliers qu’ils entretiennent avec les communautés à la base ».

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« Je ne vois pas pourquoi le RPG se livrerait à des corruptions pour engranger les voix des conseillers qui, pour la plupart, sont des gens qui vivent quotidiennement ensemble, poursuit-il. Ces conseillers tissent souvent des alliances entre eux, même souvent contre la volonté des partis pour lesquels ils sont désignés comme candidats. Je crois que c’est ce qui se passe dans beaucoup de préfectures aujourd’hui. Il faut poser le problème de façon objective »

Au sujet de l'accusation de manque de visibilité du calendrier, Souleymane Keita rappelle par ailleurs que la Guinée n'est pas un Etat-parti et que le RPG, comme les autres partis, est soumis au calendrier du ministère de l'Administration du territoire.

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