Burkina Faso: la situation difficile des déplacés internes de la province du Soum

Le département du Soum, dans le nord du Burkina Faso, a été le théâtre d'attaques terroristes ces derniers mois.
© Wikimedia Commons

Le Burkina Faso compte aujourd'hui près de 40 000 déplacés internes, selon les derniers chiffres du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). En moyenne, depuis 2016, 90 personnes fuient leur foyer chaque jour. Ils viennent essentiellement du nord du pays et surtout de la province du Soum et fuient l'insécurité et la violence semées pour les groupes jihadistes.

Baraboulé est une petite commune de la province du Soum, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Djibo, chef-lieu du département du même nom au Burkina Faso. Depuis des mois, les habitants d'une dizaine de villages environnants y cherchent refuge. Des centaines de familles fuient l'insécurité et demandent l'aide de leurs proches, familles ou amis.

« Comme ce sont leurs parents, leurs frères, leurs cousins, ils les ont accueillis avec leurs moyens du bord, explique un habitant. Ce n'est pas durable, les choses ont dégénéré. Même à l'intérieur de Baraboulé, beaucoup de gens sont partis pour aller s'installer à Djibo et même dans les villes environnantes. Tout est fermé. Aucune école ne fonctionne. Le commissariat de police a été fermé début février. Même le commerce et les travaux champêtres sont ralentis ».

« D'abord vivre, ensuite philosopher »

A terme, toute l'activité agricole et pastorale est menacée par l'insécurité. La nourriture est par conséquent devenue la préoccupation principale des populations déplacées et de leurs hôtes.

« Compte-tenu de la situation, certains ont dû vendre une partie de leur bétail pour s'alimenter, explique Denis Zongo, chargé de nutrition pour la Croix-Rouge burkinabè, qui intervient dans le Soum. Comme on dit : d'abord vivre, ensuite philosopher ». D'après la Croix-Rouge, 80 % des populations déplacées ont réussi à trouver refuge chez des proches.

Des proches qui se retrouvent eux-mêmes débordés, alerte Daouda Djouma, chargé des affaires humanitaires chez OCHA au Burkina Faso : « Quand il y a un déplacement, la première assistance est donnée par les services de l’action sociale, mais il se trouve toujours que cette assistance ne couvre pas tout ». Ce sont donc les familles qui subissent la « pression » de devoir accueillir « entre deux et seize personnes », la taille des groupes d'arrivants.

Pour pallier à ces problèmes,« actuellement, la communauté humanitaire dans son ensemble est en train de se mobiliser pour accompagner. La solidarité se met en place ».

A (re)lire : Burkina Faso : des milliers d'habitants du Soum fuient des attaques

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