Elections locales en Côte d'Ivoire: le RHDP et les indépendants en tête

Des partisans du candidat PDCI Jacques Ehouo célèbrent la victoire de leur champion aux municipales, dans la commune du Plateau, à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 15 octobre 2018.
© SIA KAMBOU / AFP

La publication des résultats des régionales et des municipales du samedi 13 octobre se poursuit en Côte d'Ivoire. La Commission électorale indépendante (CEI) doit encore donner certains résultats aux municipales et régionales, dans un climat de suspicion de fraude et de manipulation des résultats. Mais, après un week-end de contestations et de tensions marqué par la mort de trois personnes, la tendance donne la coalition présidentielle RHDP largement victorieuse. Une victoire que son rival du PDCI décrit comme frauduleuse.

Le RHDP, grand vainqueur de ce scrutin, remporte 18 des 31 régions ainsi que 89 communes sur 201, dont les communes abidjanaises de Treichville, Koumassi, Yopougon et Abobo où a été parachuté et élu le ministre de la Défense, Hamed Bakayoko. A l'intérieur du pays, le pouvoir rafle les communes de Bouaké, la deuxième ville du pays et de San-Pédro - saisie par Félix Anoblé, député transfuge du PDCI, qui se présentait sous la bannière RHDP -, stratégique en raison de son port de commerce.

De son côté, le PDCI, désormais dans l'opposition, remporte 47 communes, dont l'importante mairie de Cocody. Le parti conserve aussi la mairie du Plateau, le centre d'affaires d'Abidjan après un bras de fer de 48 heures entre son candidat Jacques Ehouo et le RHDP Fabrice Sawegnon. Le climat y a été très tendu depuis le jour du vote jusqu'à hier soir avant que le candidat de la majorité RHDP ne reconnaisse sa défaite le 15 octobre dans l'après-midi.

Dans le reste du pays, le parti historique garde la capitale administrative Yamoussoukro, fondée par le père de l'indépendance, Félix Houphouët-Boigny, ainsi que Daoukro, le fief de l'actuel chef du parti, Henri Konan Bédié.

Percée des indépendants

On observe aussi une percée des candidats indépendants qui ont remporté plus de municipalités que le PDCI, occupant ainsi la deuxième place du podium dans cette élection.

Sur le plan mathématique, il faut nuancer ces chiffres, peut-être. En effet, les deux grandes formations ne présentaient pas autant de candidats aux municipales l’une que l’autre. Le RHDP en avait aligné près de 180 contre un peu plus d’une centaine seulement pour le PDCI. Quant aux indépendants, ils étaient, eux, 389 prétendants à ces municipales.

Des résultats contestés

D’abord dans la commune abidjanaise de Port-Bouët, où la contestation montait ces derniers jours, le vote a été annulé, parce que des individus ont détruit les PV juste avant la compilation des résultats. La CEI, la Commission électorale indépendante, a un mois pour organiser un nouveau scrutin. Mais cette annonce, semble-t-il, n’a pas apaisé la colère du PDCI qui ne cesse de crier depuis samedi à la manipulation dans certaines communes, dont celle-ci.

Manipulation aussi, selon le parti d’Henri Konan Bédié, à Grand-Bassam, où le candidat RHDP Jean-Louis Moulot a été déclaré vainqueur. Mais où son adversaire, le sortant PDCI Georges Ezaley, revendique, lui aussi, la victoire et crie, là encore, à la manipulation. Des heurts ont même éclaté dans la nuit de dimanche à lundi et ce matin Grand-Bassam était quadrillé par un important dispositif des forces de l’ordre.

►A (re)lire : Elections locales en Côte d'Ivoire : les enjeux du scrutin

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