Comores: nouvelle journée sous haute tension à Mutsamudu, sur l'île d'Anjouan

Vue de la ville de Mutsamudu en direction du port.
© Wikimedia CC BY-SA 3.0 Peioma

Depuis le 15 octobre, aux Comores, des hommes armés affrontent les militaires dans la capitale de l'île d'Anjouan, la ville de Mutsamudu.

Aux Comores, les militaires encerclent la médina - la vieille ville - de Mutsamudu, sur l'île d'Anjouan, mais les hommes armés résistent toujours. Ces 30 à 40 jeunes gens, cagoulés et armés, sont retranchés dans les ruelles de la médina depuis le début de la semaine.

L'armée encourage les femmes, les enfants et les personnes âgées à quitter les lieux, sans doute avant de donner l'assaut, explique une source qui précise que les militaires ont utilisé le 17 octobre des armes plus lourdes que les jours précédents. Les tirs ont été très intenses toute la nuit, mais n'ont pas permis de déloger les insurgés. En revanche, les tirs ont causé des dégâts. Une maison s'est effondrée, causant la mort de trois enfants.

Rivalité entre îles

Le centre-ville est toujours privé d'eau et d'électricité. Dans le reste de la ville, la situation est plus calme mais le couvre-feu nocturne est toujours en vigueur et les militaires patrouillent pour le faire respecter. Les habitants restent prudents. L'un d'entre eux, qui habite dans la banlieue de Mutsamudu, explique ne pas oser sortir de son quartier.

Les autorités rejettent la responsabilité des troubles sur Juwa, le parti d'opposition de l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, aujourd'hui en détention dans une affaire de fraude. La contestation est forte depuis le référendum du 30 juillet dernier et la réforme de la Constitution qui modifie les règles de présidence tournante entre les trois îles de l'archipel des Comores.

Cette règle, instaurée après les évènements de 1997, prévoyait une présidence tournante entre les îles tous les cinq ans. Une mesure modifiée par le référendum de juillet dernier permettant au président Azali Assoumani de rester au pouvoir dix ans. L’île d’Anjouan devra attendre jusqu’en 2029 au lieu de 2021 pour accéder au sommet de l’Etat.

►A (re)lire : Référendum sous haute tension politique aux Comores

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.