Coup d'Etat de 2015: à la barre, Léonce Koné nie faire partie des «putschistes»

Le général Diendéré, leader du coup d'Etat manqué, au tribunal le 27 avril 2017.
© Ahmed OUOBA / AFP

Dans le cadre du procès du coup d'Etat de septembre 2015, Léonce Koné, ex-deuxième vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti de Blaise Compaoré, est à la barre depuis mardi.

Depuis plusieurs mois, les 84 accusés, dont les généraux Gilbert Diendéré, ex-bras droit de Blaise Compaoré et Djbrill Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères, sont entendus par la justice militaire. Ils sont accusés d'attentat à sûreté de l'Etat, meurtres, coups et blessures, trahison, etc.

Le 16 septembre 2015, un groupe de sous-officiers de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle interrompait le Conseil des ministres et arrêtait le président, le Premier ministre et des ministres du gouvernement de la transition, à quelques semaines de l'élection présidentielle. Mais très vite, une mobilisation populaire et des soldats d'autres garnisons du pays mettaient fin au coup d'Etat qui avait fait quatorze morts et une quarantaine de blessés.

Après avoir entendu plusieurs militaires, des journalistes et des militants de partis politiques, c'est Léonce Koné, ex-deuxième vice-président du parti de Blaise Compaoré, qui est à la barre depuis mardi. Accusé de complicité d'attentat à la sûreté de l'Etat et de coups et blessures, Léonce Koné, président de la commission ad hoc du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) au moment des faits, est resté sur sa position. Pour lui, le coup d'Etat « était une œuvre de salubrité publique », même si l'homme politique précise ne pas être un « putschiste », tout comme son parti.

Un sac contenant 50 millions de francs CFA

Se basant sur les résultats d'expertise des téléphones, le parquet militaire explique que l'ex-parti au pouvoir avait prévu plusieurs activités pour soutenir les militaires de l'ex-Régiment de sécuritaire présidentielle.

Puis vient l'affaire des 50 millions de francs CFA. L’accusé reconnaît avoir reçu un appel téléphonique du général Gilbert Diendéré l’informant qu’il avait un colis venu de la Côte d’Ivoire. Selon Léonce Koné, il s’agissait d’un sac contenant 50 millions de francs CFA. « L'argent provient d'une collecte de fonds de la part de nos amis en vue de soutenir nos activités », a-t-il expliqué.

Les avocats des parties civiles trouvent troublant le moyen utilisé pour convoyer l'argent à Ouagadougou, à savoir un hélicoptère de l'armée burkinabè pendant le coup d'Etat. « Je reconnais que ce n'est pas un moyen habituel, mais cela ne signifie pas que l'argent était destiné à soutenir le coup d'Etat », souligne l'homme politique.

« Ces millions ne devaient-ils pas servir à mobiliser vos militants pour soutenir le coup d’Etat ? », demande le procureur militaire.

« C’est possible, et je ne vois rien de répréhensible en cela », répond l’accusé.

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