Maroc: des jeunes jugés pour avoir manifesté après la mort d'une migrante

Un «go fast» photographié par les douanes françaises entre le Maroc et l'Espagne, le 9 juillet 2017 (image d'illustration).
© Handout / Douanes Francaises / AFP

Dix-neuf supporters marocains, dont dix mineurs, comparaissaient mercredi 17 octobre devant le tribunal de Tétouan pour avoir manifesté avec des drapeaux espagnols après la mort d'une étudiante tuée par des tirs de la Marine sur un bateau clandestin.

Tous sont poursuivis pour « outrage au drapeau national », « manifestation non autorisée » et « destruction de biens publics et privés », explique Jabir Baba, l'un de leurs avocats.

Ces supporters de football avaient été arrêtés le 1er octobre pour avoir brandi des drapeaux espagnols et crié des slogans comme « Viva España » lors d'un match de leur équipe en championnat national. Ils avaient aussi manifesté sur le chemin du stade, en appelant à « venger Hayat », l'étudiante de 22 ans tuée le 25 septembre, alors qu’elle tentait de gagner clandestinement les côtes espagnoles en bateau. La mort de cette jeune femme avait suscité la colère dans le pays.

Selon Me Jabir Baba, les accusés contestent le contenu de l'interrogatoire. « Ces jeunes gens sont sortis pour manifester leur soutien à la martyre Hayat Belkacem tuée par la Marine royale marocaine, rapporte l'avocat. Pendant la manifestation, il y a eu des débordements. Le procureur général a alors ouvert une enquête et a engagé des poursuites. Mais ces jeunes n'étaient pas responsables. Les forces de sécurité ont ramassé les jeunes au hasard. Le tribunal n'a aucune preuve contre eux. Ils sont accusés d'avoir causé la dégradation des lieux publics et privés. Les accusés refusent le compte rendu des interrogatoires. Ils disent que c'est l'officier de la justice qui l'a écrit. »

« La situation économique et sociale que vit le Maroc, ces derniers temps, met les jeunes en colère contre le gouvernement et contre les conditions difficiles, analyse Me Jabir Baba. L'augmentation des taux de chômage et la misère affectent les jeunes et les poussent à la contestation. Le tribunal a refusé la demande de la défense pour que les accusés comparaissent libre. »

Lundi, Amnesty International avait appelé les autorités marocaines à enquêter sur la mort de la jeune femme.

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