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Ethiopie

Accord historique entre le gouvernement éthiopien et les rebelles de l'ONLF

Abiy Ahmed lors d'une conférence de presse à Addis Abeba, le 25 août 2018.
© REUTERS/Kumera Gemechu

Les deux camps étaient réunis dimanche à Asmara, la capitale de l'Erythrée, pour mettre fin à un conflit qui a duré plus de trente ans. L'ONLF se battait pour l'autodétermination du peuple somali dans la région de l'Ogaden, région de l'est de l'Ethiopie.

Dans cet accord unique en 34 ans de conflit, les deux parties s’engagent à cesser toute hostilité. L’ONLF, l’un des plus anciens groupe rebelle d’Ethiopie, promet de poursuivre ses objectifs politiques par des moyens pacifiques. Le gouvernement de son côté annonce qu’il respectera les droits du mouvement.

Aboutissement

Les deux parties établiront également un comité conjoint pour discuter des racines du conflit. Les négociations vont donc se poursuivre. Ce compromis est un aboutissement après plusieurs avancées réalisées depuis l’arrivée du Premier ministre Abiy Ahmed au pouvoir en avril dernier.

En juin, sur recommandation de son gouvernement, le Parlement avait retiré l’ONLF de la liste des groupes terroristes. Deux mois plus tard, le mouvement annonçait un cessez-le-feu unilatéral. En août, des troubles avaient éclaté dans l’Ogaden. Les autorités fédérales avaient délogé du pouvoir régional puis arrêté le très controversé Abdi Iley. Un homme détesté de l’ONLF.

Finalement, un premier round de discussions directes entre les rebelles et le pouvoir s’était tenu à Asmara mi-septembre. Les deux camps s’étaient mis d’accord sur les problèmes à discuter et la marche à suivre. Le texte d’hier vient conclure cette démarche.

Comment l'ONLF va-t-elle désormais lutter pour l'autonomie ?

Beaucoup de questions restent néanmoins en suspens, notamment le dépôt des armes, la réintégration des combattants ou encore le statut de la région de l'Ogaden.

Le document signé entre le ministre éthiopien des Affaires étrangères et le président du Front le précise : les deux parties vont former un comité qui sera chargé de discuter des problèmes de fond qui ont mené à ce conflit régional.

Selon le communiqué publié par l'ONLF, la République fédérale et démocratique d'Ethiopie s'est engagée à respecter les principes constitutionnels. Comprendre : la dimension fédérale du gouvernement. Beaucoup d'opposants au régime en place l'accusent de ne pas réellement appliquer le fédéralisme.

Le fédéralisme signifie une vraie autonomie pour la région Somali, l'Ogaden historique. Mais le mouvement armé a toujours lutté pour l'indépendance plutôt que l'autonomie. Poursuivra-t-il sur cette voie ? Pas d'indications pour le moment.

Quoi qu'il en soit, il est désormais sensé poursuivre la lutte de manière pacifique. Mais comment va-t-il s'intégrer au jeu politique éthiopien ? Dans la région Somali, un pouvoir réformiste est en place depuis quelques semaines. L'ONLF va-t-il s'y allier ? Ou fera-t-il cavalier seul en vue des élections générales de 2020 ?

Enfin qui dit lutte pacifique, dit désarmement. Il est loin d'être acquis si l'on prend l'exemple d'un autre front de libération : celui de l'Oromiyaa, l'OLF. Le gouvernement fédéral l'a récemment sommé de déposer rapidement les armes.

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