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Cameroun

Cameroun: des heurts en zone anglophone entre séparatistes et forces de l'ordre

Un élément des forces de sécurité à Bamenda, au coeur de la région anglophone du Cameroun (illustration).
© Reinnier KAZE/AFP

Des affrontements ont cours au Cameroun depuis mardi, lendemain de l'annonce de la victoire de Paul Biya à la présidentielle. Cela se passe dans le nord-ouest, une des deux régions anglophones. Et ce matin, des coups de feu ont été entendus à Bamboui, à environ dix kilomètres de Bamenda.

Un poste de police a été attaqué sur la route entre Bamenda et Fundong, chef-lieu du département de Boyo, ce qui a déclenché de nouveaux affrontements entre séparatistes et forces de l'ordre à Bambui. Là-bas, des coups de feu ont été entendus dans la journée de mercredi. Un témoin raconte que les militaires obligent les gens à rentrer chez eux, personne ne peut s’aventurer dans la rue. Ce témoin, joint par RFI, poursuit : « Nous sommes en brousse, on ne peut pas sortir, on ne peut plus rentrer chez nous parce que certaines de nos maisons ont été brûlées, on vit comme des animaux. »

Sur place, une source sécuritaire confirme qu'un triangle de combats s’est formé depuis au moins trois jours entre les localités de Bafut, Bambui et Bambili. Bilan des affrontements selon cette même source : une dizaine de morts côté sécessionnistes et deux soldats camerounais abattus mardi, alors que l’armée était lancée dans un assaut contre deux camps séparatistes à Ngarum, dans le département du Ndu.

Une situation qui touche l'université de Bamenda en pleine rentrée académique. D'après un universitaire, tout est fait pour dissuader les étudiants de rejoindre le campus. « Comme il y a des militaires qui gardent le campus, quand ils ont entendu les coups de feu, ils ont également tiré en l'air. Du coup, les gens présents ont cherché à rentrer chez eux », rapporte-t-il.

Des cadavres dans les rues

C'est cette offensive qui a relancé ce cycle d'affrontements dans l'ouest camerounais. Une offensive qui aurait permis, selon un élu local, la libération d’au moins huit otages, femmes et enfants et la saisie de plusieurs armes.

Mais cette offensive, selon des habitants, crée également la panique dans cette zone déjà fragilisée par des exactions à répétition. Les morts et les blessés ne se comptent pas seulement dans le camp séparatiste ou dans celui de l’armée, il y a aussi des civils. Et un témoin rapporte qu'on peut voir tous les jours des cadavres aux coins des rues. Parfois de simples citoyens qui se sont trouvés au mauvais endroit, au mauvais moment.

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