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Tunisie

Les Amazighs du monde entier tiennent leur congrès à Tunis

Un militant de la cause amazighe, le 15 juillet 2018, à Rabat, la capitale marocaine.
© FADEL SENNA / AFP

Le Congrès mondial amazigh (CMA) tient son sommet annuel en ce moment à Tunis, en Tunisie. Les représentants des communautés berbères d'Afrique du Nord et de la diaspora se sont donné rendez-vous pour défendre et promouvoir leurs intérêts et faire taire les discours de peur.

Les Amazighs, plus connus sous le nom de Berbères, constituent une mosaïque de peuples, de l'Egypte au Maroc, en passant par le Niger ou le Mali. Ils seraient jusqu'à 35 millions en Afrique du Nord, selon certaines estimations hautes.

Pour Omar Fassatoui, du Haut-commissariat aux droits de l'homme de l'ONU, intervenant au congrès, les Amazighs veulent aujourd'hui en finir avec les peurs suscitées par cette communauté. « Il faudrait d'abord enlever cette peur de la scission, explique-t-il. On a l'impression que la question amazighe parle de séparation ou d'effritement du territoire. Ce n'est pas du tout le cas. C'est vraiment une demande de reconnaissance et une demande de valorisation de ce patrimoine-là. Moi, je le vois comme une demande d'apaisement avec toutes les identités multiples d'Afrique du Nord. Et je pense que "l'amazighité" a sa place avec toutes les autres composantes ».

Sauver la langue amazighe

Parmi les revendications portées d'une voix commun, on compte la sauvegarde de la langue. « Il y a des droits culturels qui sont demandés par les associations amazighes en Tunisie, notamment l'utilisation de leur langue maternelle, poursuit Omar Fassatoui. La langue est en train de disparaître parce que les locuteurs natifs sont assez âgés et donc il n'y a pas de continuité, il n'y a pas d'enseignement de la langue amazigh ».

Wamrouch, la trentaine, a fait le déplacement de Kabylie, en Algérie. Il parle parfaitement la langue amazigh qu'il n'a jamais apprise à l'école mais à la maison. Il est venu avant tout pour une question de survie et de reconnaissance. « Nous sommes là parce qu'on lutte pour notre existence en tant que peuple autochtone, déclare-t-il. Nous sommes un peuple très attaché à sa terre, à sa langue, à sa culture. Un peuple qui porte des valeurs ancestrales, des valeurs humaines qui ont fait de l'humanité ce qu'elle est aujourd'hui ».

En Tunisie, plusieurs associations amazighes militent pour l'introduction de leur identité spécifique dans la Constitution.

A (ré)écouter : Reportage Afrique : Algérie : quelle place pour la langue amazigh ?

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