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Mali

Mali: les dessous financiers de la crise de la Céni

Membres de la Céni distribuant les cartes d'électeurs Nina, pour l'élection présidentielle (photo d'archives).
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

La crise au sein de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) du Mali se poursuit. La semaine dernière, certains membres n'avaient pas hésité à briser la porte du bureau du président officiel Amadou Ba pour assister à un entretien qu'il accordait à la presse. Il y a eu des blessés. Dans la foulée, les frondeurs qui reprochent notamment au président et aux questeurs officiels « une indiscipline budgétaire » ont désigné un nouveau président et un nouveau questeur, non reconnus par les autorités maliennes. Ce lundi, les dessous financiers de la crise se précisent.

La première affaire concerne l’achat des véhicules des membres de la Céni. D’après nos informations, les 17 véhicules ont coûté environ 715 millions de francs CFA. Une partie de cette somme a été payée car le fournisseur s’impatientait pour le règlement du reliquat. Alors, de l’argent destiné à payer les salaires des représentants de la Céni à l’intérieur du pays a été mobilisé pour éponger cette dette.

Mais des dessous de table ont-ils été versés ? Certains n’hésitent pas à dire « oui ». Qui sont ceux qui ont touché ? Qui sont ceux à qui, selon une expression locale, « on a mouillé la barbe » ? L’enquête en cours le dira, avec précision. Mais d’ores et déjà, des noms circulent.

Autre affaire : on cherche toujours à connaître la direction prise par plusieurs centaines de millions de francs CFA confiés à des membres de la Céni dans le cadre de l’organisation de la dernière présidentielle malienne. Un document officiel que nous avons pu consulter laisse des cases vides devant la mention « justifications fournies ».

L’image de l’institution chargée de veiller à la transparence des élections prend un coup. Et du côté du gouvernement, même si on ne reconnaît pas « le président et le questeur » désignés par les frondeurs, certains n’hésitent à se dire « inquiets » de la tournure des événements.

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