Soudan du Sud: retour de Riek Machar à Juba

Le leader rebelle Riek Machar est accueilli à l'aéroport de Juba, au Soudan du Sud, le 31 octobre 2018.
© REUTERS/Samir Bol

Le chef rebelle Riek Machar, ennemi juré du président Salva Kiir, est de retour à Juba, plus de deux ans après sa fuite du pays. Près de trois semaines après l'accord signé à Addis-Abeba, une cérémonie se tient ce mercredi à Juba. Dans la capitale, des milliers de personnes rassemblées notamment sur la place « Freedom Square ». Sur place également, des représentants du gouvernement, de l’opposition, de la communauté internationale et plusieurs leaders régionaux.

En juillet 2016, alors que Riek Machar était vice-président, des combats avaient éclaté à Juba entre ses hommes et l’armée. Et le chef rebelle avait dû fuir la ville, à pied jusqu’au Congo.

Riek Machar revient donc dans la capitale. Pas d’information sur son séjour, mais en principe il n’est pas censé rester, selon l’accord de paix de septembre. Il ne redeviendra vice-président qu’après la période de pré-transition qui doit durer huit mois.

Il y a encore quelques jours, sa présence aujourd’hui était d’ailleurs encore incertaine. Il avait exigé trois choses avant de participer : la libération des détenus politiques et prisonniers de guerre, la levée de l’état d’urgence et une liberté de mouvement pour les partis d’opposition. Certains prisonniers ont été relâchés, mais il y en a encore d’autres. Pour le reste, rien n’indique que le gouvernement ait accédé à ses requêtes.

Il n’empêche Riek Machar est bien là. Son porte-parole, Lam Paul Gabriel, a déclaré qu’il dirigeait une petite délégation, mais qu’il était là sans sa sécurité rapprochée. Ce retour est un signe de son engagement en faveur de la paix, dit-il. Selon le major-général Lul Ruai, porte-parole de l’armée, cette cérémonie est une indication claire que l’application de l’accord de paix a commencé.

Une application pourtant très difficile : pouvoir et rebelles s’affrontent encore régulièrement sur le terrain. Cette semaine, le Programme alimentaire mondial (PAM) a déclaré que la violence bloquait la distribution de l’aide humanitaire. Et l’accord est mis en place très lentement, certaines échéances n’ont d’ailleurs pas été respectées.

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