Les Etats-Unis suspendent la Mauritanie de l'AGOA

Grâce à l'AGOA, la Mauritanie pouvait exporter à prix avantageux vers les Etats-Unis (photo d'illustration).
© AFP PHOTO / Karen BLEIER

A partir du 1er janvier prochain, la Mauritanie ne bénéficiera plus des avantages commerciaux accordés par les Etats-Unis dans le cadre de l'AGOA. Donald Trump a justifié cette décision en pointant le manque de progrès du pays en matière de lutte contre l'esclavage.

Avec notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier

L'AGOA a été créée en 2000, mais ce n'est que sept ans plus tard que la Mauritanie en est devenue l'un des bénéficiaires. Grâce à cet accord commercial, le pays sahélien pouvait exporter à prix avantageux vers les Etats-Unis, principalement ces dernières années des produits énergétiques.

Mais Nouakchott était surveillé de près sur la question de l'esclavage. Car celui-ci n'a été aboli qu'en 1981, sa pratique n'a été criminalisée que récemment et il reste ainsi des centaines de milliers de personnes victimes de cette exploitation.

Esclavage héréditaire

Dans la lettre adressée au Congrès américain dans laquelle il expose sa décision de suspendre la Mauritanie,le président Donald Trump insiste particulièrement sur l'esclavage héréditaire. Il rappelle aussi que la Mauritanie pourrait, plus tard, être réintégrée à l'AGOA, comme le Swaziland et la Gambie l'ont par exemple été l'an passé.

La Mauritanie n'est pas le premier pays à être ainsi suspendu par les Etats-Unis, qui se servent régulièrement de cet accord afin de faire pression sur les gouvernements africains. Mais le pays, dans lequel des militants sont encore emprisonnés, va devoir afficher des progrès tangibles, car les Etats-Unis sont échaudés. Il y a un an, une délégation d'activistes américains invitée par l'ONG SOS Esclaves Mauritanie, avait été refoulée à son arrivée à Nouakchott malgré une concertation préalable avec le gouvernement.

Ce n’est pas un plaisir pour nous et cela ne nous enchante pas que la Mauritanie se retrouve dans des difficultés. Mais ce qu’il y a, c’est qu’il y a une réalité qui a la tête dure: l’esclavage est là et continue d’être nié par les autorités.

Balla Touré, militant antiesclavagiste
05-11-2018 - Par Salem Mejbour

→(Re)écouter : L’AGOA, les avantages d’une loi contraignante pour les pays africains

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.