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RDC

RDC: la majorité dévoile l'équipe de campagne d'Emmanuel Shadary

Emmanuel Ramazani Shadary, candidat de la majorité à la présidentielle du 23 décembre en RDC.
© Junior D. KANNAH / AFP

Le candidat Front commun pour le Congo, la plateforme électorale dont Joseph Kabila est l'autorité morale, a dévoilé samedi 3 novembre l’équipe de campagne d’Emmanuel Ramazani Shadary pour la présidentielle.

Emmanuel Ramazani Shadary gère et coordonne lui-même l'équipe de la campagne électorale. Quarante-huit cellules, composées chacune de quinze membres, dirigées par un coordonnateur. Plus de 500 membres au total qui vont s'occuper de tous les secteurs.

« La sélection des différents membres a tenu compte de la représentativité des 26 provinces et 145 territoires de notre pays », a précisé Joseph Kapika, le ministre de l'Economie et membre de la cellule stratégique du Front commun pour le Congo (FCC).

Opposition et société civile craignent une confusion

Mais le Front commun pour le Congo n'est pas une plateforme électorale comme les autres. Elle a été créée formellement en conseil des ministres, l'annonce de sa mise en place s'est faite par un communiqué du gouvernement. Le nom de son candidat a été révélé en direct à la télévision nationale par le ministre de la Communication. Et ce que craignent l'opposition et la société civile, c'est que cette tendance à la confusion entre l'Etat, ses institutions et la plateforme électorale se poursuive.

Car dans cette équipe de campagne, il y a l'essentiel des membres du gouvernement. Certains conservent les mêmes portefeuilles que ceux qu'ils ont en tant que ministres. Par exemple, le ministre de l'Intérieur Henri Mova de sa sécurisation avec le général à la retraite Didier Etumba. Le chef de la diplomatie congolaise, Léonard She Okitundu, s'occupe des affaires étrangères, José Makila des Transports. Le porte-parole Lambert Mendé est chargé de la communication de la campagne du FCC avec le porte-parole de la majorité André-Alain Atundu.

Pour Me Georges Kapiamba, président de l'Association congolaise pour l'accès à la justice, la confusion des genres est la plus totale :

Nous demandons urgemment à ce que tous ces ministres, ces mandataires de l'Etat, ces responsables des services de l'Etat puissent choisir soit de continuer à s'engager pour l'Etat, auquel cas ils devront démissionner de l'équipe, ou s'ils s'engagent dans l'équipe de campagne de Shadary, ils doivent démissionner de leurs fonctions publiques.
Me Georges Kapiamba, président de l'ACAJ
04-11-2018 - Par Sonia Rolley

Parmi les autres personnalités, la plupart sont issues des partis membres de la majorité présidentielle ou choisies parmi les anciens opposants qui se sont mis sous la tutelle du président Kabila dans le Front commun pour le Congo. L'ancien secrétaire général du PPRD Evariste Boshab est à la tête de la cellule chargée de rédiger le programme commun du gouvernement qui sera défendu par le candidat FCC Ramazani Shadary. Raphaël Katebe Katoto, frère de l'opposant Moïse Katumbi, est responsable de la cellule en charge des hommes d'affaires. Les relations avec les confessions religieuses sont confiées à l'abbé José Mpundu, jadis très réputé pour son opposition au pouvoir politique. Jaynet Kabila et Zoé Kabila, la jumelle et le jeune frère du président Kabila font partie de l'équipe, la première aux finances et logistique, le second à la cellule en charge de la jeunesse. Ce sont deux postes sur plusieurs centaines de nominations, rappelle-t-on du côté du FCC.

Il y a aussi les très proches du chef de l'Etat. Le directeur de cabinet, les conseillers du président, tous sont mis à contribution. Néhémie Mwilanya est chargé de régler les questions juridiques. Le conseiller Adolphe Lumanu supervisera les questions de stratégie avec le ministre Jean-Lucien Bussa. Le président de l'Assemblée nationale, Aubin Minaku, sera chargé du recrutement des témoins.

Et qui de mieux pour organiser les activités de campagne en province que les gouverneurs eux-mêmes ? La loi congolaise n'empêche pas un gouverneur ou un ministre de faire campagne pour un candidat, insiste-t-on du côté du FCC. L'opposition rétorque qu'elle interdit de mettre l'administration, l'Etat et ses moyens au service d'intérêts politiques particuliers, la société civile craint de voir la course électorale devenir déloyale.

En tout cas, un déséquilibre dans les moyens est déjà évident en ce qui concerne le dépôt des candidatures pour tous les scrutins du 23 décembre. Le FCC représente plus de 70% des candidats, soit 20 millions de dollars dépensés en cautions, c'est cinq fois plus que l'opposition.

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