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RDC

Massacre de Kiwanja en RDC: dix ans plus tard, aucune poursuite judiciaire

Des soldats du CNDP de Laurent Nkunda lors d'une rencontre avec l'envoyé spécial de l'ONU en RDC, Olusegun Obasanjo, le 29 novembre 2008.
© Tony Karumba / AFP

En RDC, les 4 et 5 novembre 2008, dans la ville de Kiwanja, une centaine de civils avaient été massacrés par des rebelles qui les accusaient de complicité avec un groupe Maï Maï ennemi. Mais dix ans, les responsables n'ont jamais été inquiétés.

En ce matin du 5 novembre, combattants Maï Maï et rebelles du CNDP se battent pour le contrôle de Kiwanja. La population est terrée chez elle, effrayée par des tirs d'armes lourdes, mais le gros des exactions a lieu plus tard. Aux environs de 13h, les habitants profitent d'une accalmie pour sortir. Certains sont parvenus à trouver refuge près d'une base de l'ONU.

Cent-vingt casques bleus sont basés à Kiwanja. Ils sont accusés d'être restés spectateurs quand les rebelles du CNDP ont commencé à exécuter, à deux ou trois kilomètres de là, des civils soupçonnés d'être liés aux Maï Maï.

Le bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme a documenté 67 exécutions sommaires, le tout dans un contexte d'affrontements et d'exactions commises non seulement par le CNDP mais aussi parmi les Maï Maï et l'armée congolaise. Au total, ce sont plus 140 personnes qui ont perdu la vie en deux jours.

Parmi les personnalités accusées, il y a bien sûr le général Laurent Nkunda. C'est lui qui, en 2007, a créé le CNDP (Congrès national pour la défense du peuple). Il vit aujourd'hui officiellement en résidence surveillée au Rwanda mais n'a jamais été inquiété. Ses troupes ont pu réintégrer l'armée congolaise à la faveur d'un accord de paix signé quelques semaines plus tard, le 23 mars 2009, y compris Bosco Ntaganda déjà recherché à l'époque par la CPI pour des crimes commis en Ituri. C'est pourtant lui, « Terminator » comme on le surnomme, qui commandait les troupes ce jour-là. Il deviendra général des FARDC (Forces armées de la République démocratique du Congo).

Dix ans après, nous sentons que les douleurs sont encore fraiches parce que la plupart des victimes ne comprennent pas pourquoi le gouvernement ne met pas en place une Commission pour les crimes qui ont été commis à l’endroit des populations. C’est cela que nous demandons au gouvernement congolais, c’est qu’il puisse mettre en place une Commission d’enquête pour établir les responsabilités, pendant la guerre de 2008, à Kiwanja.
Hervé Nsabimana
06-11-2018 - Par Sonia Rolley

 

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