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Madagascar

Madagascar: un vote dans le calme pour le premier tour de la présidentielle

Un bureau de vote d'Antananarivo, à Madagascar, pour le premier tour de la présidentielle, le 7 novembre 2018.
© RIJASOLO / AFP

A Madagascar, près de dix millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour le premier tour de la présidentielle. Beaucoup de monde sur la ligne de départ avec 36 candidats pour une élection cruciale pour la Grande Île qui a tout connu depuis 15 ans : coup d'Etat, tentative de destitution, démission. Le vote a commencé quasiment à l’heure pour les opérations se déroulent dans le calme.

Pas d’incident à déplorer pour l’instant. Seuls quelques petits problèmes à l’ouverture des bureaux de vote dans certains quartiers de la capitale ce matin. Par exemple, dans le centre-ville à 6 heures, les isoloirs n’étaient toujours pas arrivés. Et certains bureaux ont donc ouvert avec 20 ou 30 minutes de retard.

Ailleurs et notamment dans certains quartiers populaires, il y avait des problèmes de listes électorales. Certains électeurs ne trouvaient pas leur nom sur les listes. Une vingtaine de partis avaient d’ailleurs demandé un report de ces élections estimant que les listes étaient incomplètes.

La capitale était tout de même étonnamment calme ce mercredi matin. Sans embouteillage, la ville prenait des allures de dimanche matin, les rues étaient vides à 7h, heure locale. Aucun vendeur de rues. Pas de transport en commun, ce qui tranche avec l’effervescence habituelle. Un élément tout de même qui rappelle que cette journée est spéciale, c’est le nombre considérable de forces de l’ordre déployées, notamment autour du grand stade municipal de Mahamasina, plus de 200 membres des forces d’intervention rapide. Puis devant ce bureau de vote d’un quartier de la ville, il y a des militaires en uniforme et à l’intérieur, des policiers en civil.

40% de participation à la mi-journée

En termes de participation, peu de monde ce matin à l’ouverture, c’est dans la matinée que les électeurs ont commencé à arriver. Et selon le ministre de l’Intérieur, le taux de participation à la mi-journée atteignait les 40%, ce qui est une bonne participation par rapport aux élections précédentes.

Est-ce qu’il faut y voir un intérêt accru des électeurs ? Des électeurs qui se disent très préoccupés aujourd’hui par la corruption, l’emploi, l’économie. Peu importe les quartiers ou les catégories sociales, ce sont vraiment les priorités. 70% de la population vit sur le seuil de pauvreté aujourd’hui selon la Banque mondiale.

Tous les votants ce matin évoquent cette l’économie qui n’a cessé de décroître depuis dix ans. « La situation est de pire en pire dans notre pays », disait une mère de famille, « c’est une catastrophe. On voit de plus en plus d’enfants dormir dans la rue qui ne sont pas scolarisés. Les jeunes même s’ils font des études ne trouvent pas de travail ». Un vieux monsieur qui a connu toutes les crises de ces dernières années déplorait justement ces crises politiques à répétition qui n’ont fait qu’appauvrir le pays : « Il faut du changement ».

La stabilité, c’est donc le mot qui revient parmi les électeurs et c’est le combat des ex-présidents - Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et Hery Rajaonarimampianina -, qui ont tous trois investi des sommes considérables dans cette campagne. Les autres candidats ont d’ailleurs eu beaucoup de mal à exister. Tous les électeurs ne sont pas rassurés par ces trois gros poids lourds de la politique malgache. Un jeune confiait : « Je n’aime pas ces trois candidats. Si ça ne dépendait que de moi, je voterais pour un petit candidat, mais il faut voter utile ».

Alors, voter utile, chacun pense un candidat différent. Mais comme l’explique ce chef d’entreprise rencontré dans un bureau du centre-ville, il faut de la stabilité politique pour que le pays puisse se développer : « C’est très important parce que là, on veut changer, tourner la page. Avec tout ce que le pays et le peuple ont vécu, nous avons régressé. En tant qu’industriel, je suis bien placé pour dire que l’économie a vraiment mal vécu tout ce que les politiciens ont fait ».

Vote à Toamasina

On vote aussi à Toamasina, la deuxième ville du pays. C’est une grande portuaire de l’Est et avec sa périphérie, elle compte 226 000 électeurs. Elle est l’une des villes qui comptent le plus de votants. La participation est plutôt timide à l’école primaire du quartier d’Ankirihy qui compte 26 bureaux de vote. Seuls 150 électeurs sur 680 se sont déplacés pour voter pour le moment. D’autres bureaux ici affichent entre 25 et 30% de participation. L’affluence est bien inférieure à ce matin. Dans certains bureaux de vote, il n’y a aucun électeur. Dans d’autres, on peut voir de petites files d’attente de 5 ou 6 personnes.

Une majorité d’électeurs sont venus voter ce matin, d’autres viendront en fin d’après-midi, se rassure le président de la Commission électorale de la province de Toamasina. Aucun incident n’a été relevé dans la province, précise-t-il. Une participation plutôt faible pour l’heure, mais les électeurs de ce quartier plutôt populaire, qui sont venus voter, expliquent qu’ils étaient impatients de voter, qu’ils espèrent voir leur quotidien s’améliorer avec les élections : « J’attends beaucoup de changements, car la vie est très difficile à Toamasina. Je ne peux plus vivre comme ça », raconte un électeur. Des électeurs qui ont donc un peu moins d’une heure trente pour venir voter puisque les bureaux doivent fermer à 17 heures, heure locale (14h TU).

Les premiers résultats provisoires et très partiels sont attendus d'ici vendredi matin. La proclamation des résultats officiels est prévue pour le 28 novembre.

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