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Madagascar

Présidentielle à Madagascar: 36 candidats et 10 millions d’électeurs aux urnes

Antananarivo, le 6 novembre 2018.
© MARCO LONGARI / AFP

On vote ce mercredi à Madagascar pour le premier tour de l'élection présidentielle : 36 candidats sont en lice, dont quatre ex-présidents, trois anciens ministres, des pasteurs, un chanteur. Mais la bataille se joue réellement entre trois hommes, tous anciens présidents : Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina et Hery Rajaonarimampianina. Une élection test pour ce pays régulièrement secoué par des crises post-électorales.

Coup d'Etat, tentative de destitution, démission, les 15 dernières années auront été ponctuées de crises politiques. Marc Ravalomanana, tout d'abord, lâché par l'armée et contraint de démissionner. Andry Rajoelina ensuite qui se voit confier les « pleins pouvoirs » par l'armée, mais se retrouve isolé par la communauté internationale qui dénonce un « coup d'Etat » et qui ne pourra se présenter à l'élection de 2013. Enfin, Hery Rajaonarimampianina, qui lui succède par les urnes, mais qui aura à faire face à plusieurs tentatives de destitution.

Autant de crises politiques qui ont sérieusement retardé le développement du pays, dont 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale.

Les observateurs nationaux et internationaux espèrent que cette élection sera crédible et transparente, qu'il y aura participation importante afin d'apporter la légitimité nécessaire au vainqueur pour qu'il puisse gouverner sans être remis en cause, et surtout ancrer le pays dans la démocratie.

Il s'agit maintenant de clore un chapitre de turbulences...
Pour le chef de la mission d'observation électorale de l'UA, Ramtane Lamamra, il est important que ce scrutin se déroule dans de bonnes conditions afin de consolider le processus démocratique
06-11-2018 - Par Alexandra Brangeon

Petit tour d’horizon des prétendants à la magistrature suprême

Il y a tout donc d’abord le président sortant, Hery Rajaonarimampianina. Son bilan est mitigé ; certes, c’est sous son mandat que Madagascar a réintégré les institutions financières internationales qui avaient banni l’île durant la transition. Néanmoins, il n’a jamais été populaire. Difficile de savoir si les électeurs lui accorderont donc le temps supplémentaire qu’il réclame, pour poursuivre sa mission.

Face à lui, deux favoris, Andry Rajoelina, président de la Transition de 2009 à 2013. C’est lui, qui, alors jeune maire de la capitale, avait ravi le pouvoir à l'autoritaire Marc Ravalomanana, chef d’Etat de 2002 à 2009. En 2013, leurs candidatures ont été interdites, en partie en raison des pressions de la communauté internationale.

Aujourd’hui, les deux ennemis comptent bien prendre leur revanche. Ce sont les deux candidats qui bénéficient d’une base électorale conséquente.

Je pense que par rapport à 2013, les enjeux de cette élection sont plus importants...
Pour sahondra Rabenarivo de l'Observatoire malgache de la vie publique, l'enjeu de cette élection est de consolider la paix.
06-11-2018 - Par Alexandra Brangeon

Enfin, il y a les autres. 33 candidats, pour la plupart inconnus du grand public. Un autre ex-président, l’amiral Ratsiraka. Des ex-Premiers ministres comme Olivier Mahafaly, Jean Ravelonarivo, ou Jean-Omer Beriziky. Une kyrielle d’ex-ministres à l’instar de Roland Ratsiraka ou José Andrianoelison. Mais également un illustre chanteur, Dama, l’équivalent d’un membre des Beatles à Madagascar. Le pasteur Maihol, fondateur d’une secte évangélique qui rassemble près de 2 millions d’adeptes. Un entrepreneur reconnu, Erick Rajaonara. La figure de proue du parti Vert, Saraha Rabeharisoa, qui vient de faire allégeance à Rajoelina. Mais aussi un ancien directeur du trésor, une ex-juge internationale, un ex-président d’Assemblée nationale, etc.

Les 10 millions d'électeurs Malgaches sauront-ils trouver chaussure à leur pied ? Rien n’est moins sûr. La méfiance envers leurs hommes politiques n’a jamais été aussi grande. En 2013, 50% des électeurs s’étaient abstenus.


A la dernière élection, il y avait des gendarmes pour nous escorter jusqu'à la commune avec les résultats mais cette année on ne sait pas encore...C'est pour ça que je suis un peu inquiet parce qu'il y a pas mal d'insécurité ici...
Reportage à Toamasina: la sécurisation du vote en zone rurale
06-11-2018 - Par Laetitia Bezain

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