Cameroun: arrestation d’une journaliste anglophone

La journaliste camerounais Mimi Mefo est écrouée à la prison de Douala.
© Flickr/verni22im

Au Cameroun, une journaliste anglophone est derrière les barreaux. Mimi Mefo, rédactrice en chef adjointe et présentatrice de la télévision privée Equinox, a été arrêtée ce mercredi soir et écrouée à la prison de Douala. Elle est inculpée par un tribunal militaire d'atteinte à la sûreté de l'Etat et d’avoir publié de fausses informations. Sur son site personnel, la journaliste a relayé les propos d'une source affirmant que le missionnaire américain Charles Truman Wesco, décédé en octobre après une attaque des séparatistes anglophones dans le Nord-Ouest, aurait été tué par des balles des soldats camerounais.

Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement
09-11-2018 - Par Sébastien Duhamel

Mimi Mefo a été convoquée ce mercredi après-midi dans les locaux de la gendarmerie de Douala. La justice lui reproche d'avoir publié des faits erronés sur un affrontement entre l'armée camerounaise et des séparatistes anglophones, dans le nord-ouest du pays, en octobre dernier. Elle aurait notamment relayé un tweet affirmant que le missionnaire américain Charles Truman Wesco, décédé lors de cet accrochage, aurait été tué par des balles de soldats camerounais.

Alice Nkom, avocate de Mimi Mefo
09-11-2018 - Par Gaëlle Laleix

« Les propos diffamatoires de Mimi Mefo sont une grave atteinte à notre armée », explique Issa Tchiroma Bakary, porte-parole du gouvernement. La journaliste doit être présentée lundi à la justice militaire camerounaise. Une violation absolue de la loi, selon Alice Nkom, son avocate. « Ni les traités internationaux signés par le Cameroun ni la Constitution n'autorisent un tribunal militaire à juger des civils. Cela menace nos libertés fondamentales », s'indigne-t-elle.

Du côté des journalistes camerounais, l'inquiétude gagne du terrain. « Depuis la proclamation des résultats de la présidentielle, 16 confrères ont été arrêtés, explique Emmanuel Ekouli, président de l'Association des jeunes journalistes du Cameroun. Tous sont présentés à la justice militaire. On se demande où cela va s'arrêter », conclut-il.

L’arrestation de Mimi Mefo est une arrestation de trop qui commence sérieusement à inquiéter les journalistes camerounais.
Emmanuel Ekouli, président de l'Association des jeunes journalistes du Cameroun
09-11-2018 - Par Gaëlle Laleix

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