Republier
Mali Terrorisme

Mali: trois chefs jihadistes ensemble dans une vidéo de propagande

Des combattants jihadistes à Tombouctou, en avril 2012 (illustration).
© AFP PHOTO / AFPTV / FRANCE 2

Les trois principaux chefs jihadistes du nord et du centre du Mali se présentent ensemble dans une vidéo. Iyad Ag Ghaly, chef du regroupement des jihadistes du Mali, est sur la vidéo. Au milieu le prédicateur radical Amadou Koufa, ainsi qu'un jihadiste algérien qui passe le plus clair de son temps dans la région de Tombouctou. Parmi eux, seul Amadou Kouffa parle, mais au nom de tous. Il reconnaît le leadership de Iyad Ag ghaly, il encourage la poursuite du jihad dans le nord du Mali, mais demande aux peuls de plusieurs pays de mener le jihad pour lutter notamment contre les amalgames dont ils sont victimes.

Sur la vidéo, on reconnaît trois grandes figures jihadistes du territoire malien. Au centre, le prédicateur radical Amadou Koufa, chef de file des islamistes du centre du Mali. A sa droite sur la vidéo, l’Algérien Djamel Okacha dit Yahya Abou Amane, et à sa gauche Iyad Ag Ghaly. Incontestablement, en apparaissant ensemble, ils ont probablement voulu montrer qu’ils restent unis malgré les rumeurs de dissensions, mais ils ont surtout voulu dire que malgré des milliers de soldats présents sur le territoire malien (casques bleus, Barkhane, G5 et armée malienne), ils peuvent se déplacer, se rencontrer.

Surtout que traditionnellement, Iyad Ag Ghaly mène ses opérations vers le nord-est du Mali vers la frontière algérienne, Djamel Okacha dans la région de Tombouctou (nord-ouest) et Amadou Koufa au centre du Mali.

Au nom des trois, sur la vidéo de propagande, c’est Amadou Koufa seul qui s’est exprimé en pulhar, la langue peule. C'est la première fois qu'une vidéo jiadiste laisse une place de choix à cette langue. Il a commencé par reconnaître le leadership de Iyad Ag Ghaly sur les groupes jihadistes du Mali.

Ensuite il s’est particulièrement adressé aux populations peules de sept pays d’Afrique de l’Ouest et du Cameroun (les peuls, traditionnellement nomades, se trouvent de la Centrafrique à la Mauritanie). Il les invite à rejoindre le jihad. Portant sur la tête un turban de couleur noire, Amadou Koufa a par ailleurs dénoncé les attaques injustifiées contre les mêmes peuls, avant de critiquer la France.

Depuis plus d'un an, le centre du Mali est secoué par de violents affrontements inter-ethniques. L'extrême sécheresse de l'année dernière a renforcé la lutte pour les ressources naturelles entre agriculteurs dogons et éleveurs peuls. Un terrain facile à labourer pour les terroristes qui sèment les graines de leur idéologie à la faveur de ces conflits. « Jouer sur la méfiance entre les ethnies est une vieille ficelle » se désole un notable du centre du Mali.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.