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RDC Suisse

Présidentielle en RDC: les 7 opposants congolais cherchent leur candidat unique

Deux des figures de l'opposition congolaise, Vital Kamerhe (g.) et Moise Katumbi, à Bruxelles, le 4 septembre 2018.
© JOHN THYS / AFP

Depuis ce vendredi 9 novembre au matin, les sept principaux leaders de l’opposition sont à Genève pour une rencontre dans l’un des grands hôtels de la ville. L’objectif est parvenir à une candidature unique d’ici lundi. Depuis la fin du dépôt des candidatures le 8 août 2018, ils avaient multiplié les rencontres sans parvenir à désigner celui qui, assurent-ils déjà, sera le candidat de la transition.

Parmi ces sept leaders, certains ne sont plus dans la course à la présidentielle à l’heure actuelle, c’est le cas de Moïse Katumbi, l’ancien gouverneur du Katanga ou de Jean-Pierre Bemba, l’ancien vice-président. D’autres ont vu leur candidature validée par la Céni, comme Felix Tshisekedi, le président de l’UDPS. Cela faisait longtemps que ces sept figures de l’opposition ne se s’étaient retrouvées dans la même pièce.

S’il y a eu beaucoup de rencontres de l’opposition depuis la fin du dépôt des candidatures, tous ces leaders ne faisaient pas toujours le déplacement. L’ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, n’a pas de passeport biométrique pour voyager au Congo, il se dit empêché de rentrer par les autorités. L’ancien vice-président et patron du MLC, Jean-Pierre Bemba, n’est revenu qu’une fois au Congo depuis sa libération de la CPI en juin 2018. Et puis, il faut bien le dire, il y a eu des tiraillements, des dissensions au sein de cette opposition.

Ces sept leaders ont tous des ambitions personnelles, même s’ils se disent tous pour une candidature unique. Moïse Katumbi assurait que maintenant, tout se jouait surtout entre les quatre candidats qui sont encore en course pour le 23 décembre, Felix Tshisekedi de l’UDPS, Vital Kamerhe de l’UNC, Martin Fayulu de la dynamique de l’opposition et Freddy Matungulu pour la Syenco. L’heure était donc aux retrouvailles ce matin et puis déjà aux apartés pour tenter de trouver des solutions. Retrouvailles également avec Alan Doss, l’ancien patron de la Monusco, la Mission des Nations unies au Congo. Il préside la fondation Kofi-Annan qui a accepté la difficile mission de mettre ces hommes politiques d’accord d’ici lundi.

Qui pour succéder à Etienne Tshisekedi ?

Ils vont donc tenter de faire ce qu’ils avaient échoué à faire lors du précédent cycle électoral. En 2011, l’opposition avait un candidat naturel, Etienne Tshisekedi, l’opposant historique et pourtant d’autres candidats de l’opposition s’étaient présentés contre lui, entrainant une dispersion des voix. Cette fois, personne ne semble faire l’unanimité a priori, plusieurs poids lourds ont été exclus de la course, mais ce sera difficile pour l’opposition d’espérer un résultat si le candidat unique ne bénéficie pas du soutien de personnalités comme Jean-Pierre Bemba ou Moïse Katumbi. Car depuis 2011, l’élection présidentielle est passée à un tour à la majorité simple.

C'est le candidat qui a le plus de voix qui l’emporte ; toute dispersion des voix pourrait donc coûter très cher à l’opposition, surtout que le vote au Congo reste encore trop souvent ethnique et que les formations politiques qu’ils représentent ont chacun leur fief dans une partie du territoire congolais. Si ces sept leaders de l’opposition se sont mis d’accord sur des grands principes, ne pas boycotter les élections, laisser la Céni et le gouvernement prendre la responsabilité d’un éventuel report et puis tout un cahier des charges, il faut encore qu’ils s’accordent sur le partage des responsabilités, pendant la campagne électorale, comme pour l’après. Il faudra nécessairement que certains renoncent à leur ambition politique et ce qui pourrait poser problème.

« Il ne faut pas faire le jeu de Joseph Kabila. En invalidant certaines de nos candidatures, il cherchait à nous diviser », commente un participant. Pour le moment, aucun candidat ne semble véritablement prêt à se retirer au profit de son voisin. Question de confiance et d'ego aussi. Mais ce n'est pas la seule question qu'ils devraient avoir à trancher ce samedi. « Cette fois, on ne peut plus être surpris, il faut envisager tous les cas de figure », précise un autre participant.

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