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RDC

[Reportage] RDC: à Kamako, les besoins vitaux des Congolais expulsés d'Angola

Une déplacée congolaise qui vivait en Angola à Kamako, le 12 octobre 2018. (illustration)
© Sosthene KAMBIDI / AFP

Au moins 23 expulsés sont morts à Kamako depuis le 1er octobre de faim ou de maladie, faute d'assistance, selon la société civile locale. La réponse humanitaire s'organise petit à petit, mais pas assez vite aux yeux de ces populations. Les besoins sont immenses et ils se sentent abandonnés à eux-mêmes dans une ville déjà sinistrée par la crise des Kamuina Nsapu. RFI s’est rendu sur l'un des sites spontanés où se sont installés ces déplacés : l'église EJCC, en réalité un chantier abandonné suite au conflit en 2017.

De la taule, et quelques murs de briques fouettés par la pluie : c'est là qu'a trouvé refuge Mambu Ndaye, 40 ans. Ce samedi matin, elle trie le peu de vêtements qu'elle a pu ramener d'Angola. « Je mets de côtés les vêtements qui sont sales pour les nettoyer. Mais je n'ai pas de quoi acheter du savon. Je les laisse là en attendant. »

Pas de savon, pas de lit, et pas de nourriture pour elle et ses cinq enfants. Elle nous montre une casserole où trempent quatre petits bouts de manioc. « C'est tout ce que j'ai. Ce sont des habitants d'ici qui me l'ont donné. Certains jours, je n'ai rien pour nourrir mes enfants. Des humanitaires sont venus ici pour nous enregistrer mais on ne voit aucune aide arriver. »

Un jeune homme assiste à la scène. Il laisse éclater sa colère. « Les enfants sont en train de mourir. Quand est-ce qu'on va nous aider ? »

Voisinage en difficulté

A l'extérieur sur un petit muret, une femme allaite son bébé. Mais son lait, dit-elle, ne suffit pas. Cela fait des jours qu'elle cherche en vain un peu d'aide dans le voisinage, auprès des habitants du quartier. « Ils nous disent qu'ils n'ont pas les moyens de nous aider. Qu'ils ont du mal à manger eux aussi. »

Car à Kamako, les crises se succèdent. Ici, parmi les habitants, beaucoup sont d’anciens déplacés, voire même des réfugiés suite au conflit dans le Kasaï. Comme Alphonsine, une voisine rentrée d’Angola il y a seulement trois mois. « Nous n’avons rien à leur donner, parce que nous aussi nous souffrons. Depuis que nous sommes revenus ici, nous n‘avons pas encore pu travailler pour trouver quelque chose, 2 000-3 000 francs, pour manger avec mes enfants. » A son retour, elle et son mari ont trouvé leur maison entièrement vidée, pillée pendant le conflit.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) débute ce samedi ses premières distributions d'argent. L'organisation prévoit d'assister 9 000 ménages. OCHA promet par ailleurs de finaliser son plan de réponse global la semaine prochaine.

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