CPI: reprise du procès de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé

L'ex-président Laurent Gbagbo au premier jour de son procès à la Cour pénale internationale de La Haye, le 28 janvier 2016.
© REUTERS/ICC

Les audiences devant la Cour pénale internationale (CPI) de l'ancien chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, et de l'ex-leader du Congrès panafricain des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, reprennent ce 12 novembre à La Haye, aux Pays-Bas. La défense va plaider l'acquittement de ses clients et répondre à l'argumentaire du procureur.

Avec notre envoyée spéciale à La Haye, Bineta Diagne

Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé sont poursuivis pour des crimes contre l'humanité commis durant la crise post-électorale de 2010-2011 en Côte d'Ivoire. Cette crise au cours de laquelle 150 femmes ont été violées a fait plus de 3 000 victimes, selon les Nations unies. Le procès s'était ouvert en janvier 2015.

Cette semaine, la défense va plaider l'acquittement de ses clients et répondre à l'argumentaire du procureur.

Début octobre, le Bureau du Procureur a exposé son argumentaire. Son but était de montrer le rôle de l'ancien président Laurent Gbagbo et du responsable politique Charles Blé Goudé dans la gestion de la crise post-électorale. L'accusation doit notamment démontrer qu'il y a eu une planification de manière systématique de l'usage de la violence contre les civils.

« Utilisation massive de ouï-dire »

Le procureur cite en exemple le discours prononcé par Laurent Gbagbo à Divo, dans l'ouest du pays, le 27 août 2010. L'ancien président ivoirien s'adresse aux CRS qu'il qualifie de « combattants de la République ». « Quand on dit que la République est menacée, vous apparaissez pour la défendre », déclare-t-il. Avant d'ajouter : « s’il y a des dégâts, les juges après rétabliront ». « Laurent Gbagbo a incité les forces qui lui étaient loyales à commettre des crimes », conclut alors Eric MacDonald, le substitut du procureur.

Cette semaine, c'est au tour des avocats de la défense d'expliquer pourquoi ils demandent un abandon des charges. Selon eux, l'enquête du procureur est incomplète avec une « utilisation massive de ouï-dire ».

Tout l'enjeu de ces audiences, selon le mémoire que la défense a remis à la chambre d'accusation, est de démontrer « que le procureur n’a prouvé l’existence d’aucun ordre de nature illégale ou criminelle », lit-on dans le mémoire de la défense remis à la chambre d'accusation. « Il sera démontré qu’à aucun moment, il ne peut faire état du moindre ordre qui aurait été émis par le président Gbagbo pendant toute la crise », poursuit le texte.

Le droit international inclus des éléments qui viennent de différentes cultures.

Fadi El Abdallah, porte-parole de la Cour pénale internationale
12-11-2018 - Par Pierre Firtion

→(Re)lire: Laurent Gbagbo s’apprête à demander l’acquittement devant la CPI

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.