Guinée: réactions après le retrait de l’accréditation du correspondant de RFI

La direction de RFI rappelle que Mouctar Bah est l'un des journalistes les plus chevronnés de Guinée.
© RFI/Sébastien Bonijol

En Guinée, notre confrère Mouctar Bah a été sanctionné, ce mercredi, par la Haute Autorité de la communication, après une plainte du ministère guinéen de la Défense. Cette sanction fait suite à la diffusion d'un reportage, le 8 novembre, sur les circonstances de la mort de deux jeunes gens. La direction de RFI rappelle que Mouctar Bah n'a fait que son travail et qu'il est aujourd'hui, après 30 ans de carrière, l'un des journalistes les plus chevronnés de Guinée.

La FIDH condamne également l'annulation de l'accréditation de notre correspondant. La Fédération internationale des droits de l'homme dénonce un raidissement du pouvoir et demande aux autorités de rendre à Moctar Bah son accréditation dès aujourd'hui.

« Cette décision de suspendre l’accréditation de Mouctar Bah est tout à fait condamnable. Elle s’attaque à la liberté de la presse, une presse qui est reconnue pour la qualité de son travail. Manifestement, les autorités guinéennes souhaitent qu’il n’y ait pas de témoin des abus et des affrontements de part et d’autre entre forces de l’ordre et manifestants et que cette répression, car répression il y a, puisse faire aussi à huis clos. C’est un très mauvais signal qu’on s’attaque aux journalistes et à la liberté de la presse et à un journaliste reconnu pour son expérience sur le terrain depuis plus de 25 ans », estime Florent Geel, le directeur Afrique de la FIDH.

Reporter sans Frontière condamne aussi l'annulation de l'accréditation du correspondant de RFI à Conakry. Le responsable du bureau Afrique de RSF, Arnaud Froger, se porte garant du professionnalisme de Mouctar Bah : « Reporters sans Frontières estime que ce journaliste n’a fait que son travail en rassemblant de multiples témoignages pour rétablir les faits lors de cette soirée meurtrière du 7 novembre. Il a bien tenté de recouper ses informations à de multiples reprises pendant toute la journée qui a suivie, sans obtenir de réponse. Il a tenté de joindre à plusieurs reprises le porte-parole de l’état-major des armées, le porte-parole du ministère de la Défense, mais également l’un des porte-parole du parti au pouvoir. Il est donc difficile de lui reprocher de ne pas avoir recoupé ses informations ou d’avoir réalisé un reportage déséquilibré. Il est difficile de lui reprocher de ne pas avoir obtenu la réaction du ministère de la Défense entre 22h et minuit lors de la soirée du 7 novembre alors qu’il a passé toute sa journée du lendemain, du 8 novembre, à essayer de joindre plusieurs officiels parmi les autorités militaires et parmi les autorités civiles également ».

Le droit de reprendre, ça ne veut pas dire le droit d’empêcher un journaliste de faire son travail...
Jim Wormington, chercheur à Human Rights Watch pour l'Afrique de l'Ouest.
15-11-2018 - Par RFI

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