Sénégal: Lead Afrique francophone se voit retirer son agrément par les autorités

Des membres du collectif de rappeurs de l'opposition sénégalaise «Y'en a marre». (Photo d'illustration)
© RFI / Laurent Correau

Au Sénégal, les autorités ont retiré, vendredi 16 novembre, l'agrément de l'association Lead Afrique francophone, une antenne de l'organisation ENDA qui est le gestionnaire administratif et financier du mouvement citoyen « Y’en a marre ». Dans un document interne, le mouvement citoyen a estimé, cette semaine, que les autorités cherchaient à l'asphyxier en convoquant différents organismes qui l'appuient. Dans son décret, le ministère de l'Intérieur indique que l'agrément est retiré à Lead Afrique francophone pour « participation à des opérations de financement irrégulières ».

Le décret du ministère de l'Intérieur, signé le 5 novembre, a été notifié à Lead Afrique francophone, vendredi. Pour le directeur de l'association, Moussa Mbaye Gueye ce retrait de l'agrément qui entraine l'arrêt des activités sur l'ensemble du territoire, est la conséquence directe des liens avec le mouvement « Y’en a marre ».

Enquête ouverte en juin 2018

« Nous faisons des projets recherche/action dans toute l’étendue du territoire qui ont trait à tout ce qui est lutte contre le changement climatique ou encore l’autonomisation économique des femmes. L’abrogation de notre autorisation d’exercer au Sénégal tient aux relations privilégiées que nous avons avec le mouvement "Y’en a marre" », a-t-il affirmé.

Visiblement, une enquête sur les sources de financements de « Y'en a marre » a été ouverte en juin dernier, la police s'intéresserait à des fonds reçus par le mouvement en 2017 et 2018. De passage dans les locaux de Lead Afrique francophone, Aliou Sané, membre fondateur de « Y'en a marre », a indiqué que les activités du mouvement se poursuivaient.

« Y’en a marre » ne s'arrêtera pas

« Ils pensent qu’en arrêtant Lead Afrique francophone, "Y’en a marre" s’arrête, mais non. Ce qui brûle nos entrailles est plus fort que cela parce qu’en fait, c’est une menace qui plane globalement sur la société civile sénégalaise et il faudra y faire face », a-t-il souligné.

Le président Macky Sall a estimé récemment que de nombreux membres de la société civile se plaçaient du côté de l'opposition politique. Sollicité par téléphone, le ministère de l'Intérieur n'était pas joignable, vendredi soir, pour évoquer cette enquête sur « Y’en a marre ».

 

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