Côte d’Ivoire: Gbagbo contre Gbagbo au FPI?

Simone Gbagbo, près de son domicile après sa libération, à Abidjan en Côte d'Ivoire, le 8 août 2018.
© ISSOUF SANOGO / AFP

Il y a du rififi au FPI de Gbagbo après la mort le 3 novembre dernier d’Aboudramane Sangaré. Dans un communiqué publié vendredi soir et qu’il a fait signer par le secrétaire général Assoa Adou, Laurent Gbagbo, toujours en prison à La Haye, reprend clairement la main sur sa branche du FPI. Le président intérimaire et 1er vice-président Aboudramane Sangaré étant décédé, Laurent Gbagbo décrète qu’ « il n’y a plus d’intérim » et qu’ « il assume pleinement la direction du parti ». La mort d’Aboudramane Sangaré ouvre-t-elle une nouvelle crise au FPI ? Assiste-t-on à une rivalité entre Laurent et Simone Gbagbo pour le leadership du FPI ?

Le jour même du décès d’Aboudramane Sangaré des dissensions sont apparues. Simone Gbagbo convoque un secrétariat général d’urgence. Aussitôt, Laurent Gbagbo suspend toutes les activités politiques du FPI jusqu’aux obsèques.
Moins de deux semaines après ce couac, Laurent Gbagbo reprend les rênes dans un communiqué en forme de recadrage. C’est lui qui convoquera les réunions, qui seront présidées par les vice-présidents, donc par Simone Gbagbo, devenue la première d’entre eux. Mais c’est le secrétaire général Assoa Adou qui gérera le parti au quotidien.

Simone Gbagbo n’est donc pas la nouvelle présidente intérimaire. Et beaucoup voient dans cette reprise en main l’amorce d’une bataille entre les époux Gbagbo. « L’impasse a commencé, il y a maintenant 3 tendances au FPI », constate le politologue Jean Alabro, pour qui aucun des deux n’a toutefois intérêt pour l’instant à sortir de sa posture : « La figure tutélaire emprisonnée d’un parti martyr pour lui », et « le rôle d’apôtre du pardon depuis sa libération début août » pour elle.

Pour l’analyste politique Sylvain Nguessan, ce bras de fer résulte en partie d’une rivalité entre Simone Gbagbo et la 2e épouse de Laurent Gbagbo, Nady Bamba. « Laurent Gbagbo se prémunirait ainsi contre Simone qui, humiliée dans sa vie privée pourrait retrouver ses réflexes de femme politique et préparer sa candidature pour 2020 si elle prenait la direction du parti ».

« Ce qui se profile maintenant c’est une bataille sur la ligne du parti après le départ de Sangaré, prédit Jean Alabro. Comme dans tous les partis de gauche en crise on va assister maintenant à une fracture entre les pragmatiques autoproclamés et les tenants de la ligne pure et dure. »

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