Attaque dans le sud-est du Kenya: des blessés et une femme enlevée

Des soldats kényans à Garissa. (Image d'illustration)
© REUTERS/Goran Tomasevic

Au Kenya, des hommes armés ont attaqué la ville de Chakama dans le sud-est du pays. Cinq personnes ont été blessées et transportées à l'hôpital. Une Italienne de 23 ans, bénévole dans une ONG, a été kidnappée. Les islamistes shebabs sont soupçonnés d'être à l'origine de l'opération même s'il reste encore des zones d'ombres.

D'après les autorités, un commando d'hommes armés de fusils AK47 a attaqué Chakama, tiré sur la foule et enlevé une Italienne de 23 ans. Elle était bénévole pour Africa Milele Onlus, une organisation basée à Fano, sur la côte est de l'Italie, et axée sur l'éducation des enfants.

Lilian Sora, son président, espère sa libération rapide, précisant qu'en cinq ans d'opérations à Chakama, l'organisation n'a jamais eu de problème. Auparavant, l'Italienne avait travaillé pour Orphan's Dream, près de Mombasa. Son responsable Davide Ciarrapica affirme lui avoir déconseillé d'aller à Chakama.

Selon la police, les raisons de cette opération et l'identité des assaillants restent inconnues. Les autorités dénoncent un « gang » et des « criminels », sans parler des shebabs même si beaucoup suspectent les islamistes somaliens. La dernière fois que le groupe terroriste avait enlevé des Occidentaux au Kenya c'était en octobre 2011, à Dadaab, avec le rapt de deux humanitaires espagnoles. Mais la côte est, proche de la Somalie, est toujours considérée comme dangereuse.

Selon Abdullahi Abdille Shahow, de l'International Crisis Group, les islamistes n'ont jamais attaqué dans la région de Chakama, mais pourraient être à l'origine de l'opération. « C'est loin de leurs zones de prédilection et en même temps proche de Tana River ou Garissa, où ils sont présents. Ils ont les capacités de se projeter aussi loin », explique le chercheur. Il ajoute que la zone de Chakama est inhabitée, isolée, forestière et marécageuse. « C'est un bon endroit pour se cacher », dit-il.

Chakama est située à 80 kilomètres de l'océan. Une région où le ministère français des Affaires étrangères recommande aux voyageurs une vigilance renforcée.

Pour les habitants, cet assaut était totalement inattendu. « Ils entendaient parler de violence dans d'autres parties du pays. Maintenant, ils sont touchés directement eux aussi. Donc c'est un choc », explique Hassan Musa, coordonnateur régional de la Croix-Rouge.

En tout cas, alors que la saison touristique commence, le gouvernement craint pour l'image du pays. « C'est un incident isolé, loin de tout centre touristique. La zone côtière reste sûre et sous surveillance », a réagi le ministère du Tourisme, demandant aux voyageurs de ne pas changer leur programme.

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