Boko Haram: la branche d'al-Barnawi à l'offensive au Nigeria avant la présidentielle

Après une attaque imputée à Boko Haram, dans un camp de personnes déplacées de la ville de Dalori près de Maiduguri, Etat de Borno, le 1er novembre 2018.
© REUTERS/Kolawole Adewale

Au Nigeria, retour sur la nouvelle démonstration de force à trois mois de l'élection présidentielle des jihadistes du groupe Boko Haram. Depuis le week-end dernier, 44 soldats ont été tué dans des attaques de bases militaires ainsi que neuf agriculteurs dans le nord-est du pays. Ces victimes s'ajoutent à plusieurs dizaines d'autres tombées sous les balles d'une des factions dirigées par Abu Musab al-Barnawi, le fils du fondateur du groupe armé. Malgré les affirmations répétées du gouvernement selon lesquelles Boko Haram est sur le point d'être vaincu, le groupe a récemment intensifié ses attaques, notamment contre des cibles militaires, causant de lourdes pertes dans les rangs de l'armée nigérianne.

En prêtant allégeance à Daech en 2016, Abu Musab al-Barnawi avait promis
qu'il initierait de nouvelles stratégies. La majorité des attaques de ces six derniers mois revendiquées par le groupe armé Boko Haram semblent confirmer un changement effectif.

Les insurgés sous le commandement d'Abu Musab al-Barnawi ciblent désormais en priorité des bases militaires. Ils multiplient les attaques sur des garnisons et, en les déclenchant à partir de lieux différenciés, ils mettent au défi les bataillons de l'armée nigériane, postés dans le nord-est du pays.

En parallèle, la branche ouest-africaine de l'Etat islamique amplifie également des raids sur des villages. Ces localités visées sont bien dans l'Etat du Borno autour du pourtour du lac Tchad, le long de frontière avec le Niger.

Ces  attaques dans des communautés agricoles ont pour objectif le vol de nourriture et l'enlèvement de civils. Ces derniers sont souvent enrôlés de force dans les rangs de Boko Haram comme combattants, épouses ou aides.

Abu Musab al-Barnawi et ses hommes semblent avoir renoncé aux stratégies de Abubakar Shekau, l'autre leader du groupe armé. Fini la conquête, l'occupation et le contrôle de localités du nord-est du Nigeria. En revanche, comme son rival l'avait fait avant le scrutin de 2015, al-Barnawi multiplie les offensives. Se posant ainsi comme un des acteurs de la campagne des présidentielles nigérianes 2019.

à (re)lire: Boko Haram: la branche d'al-Barnawi «mieux organisée» que celle de Shekau

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