Niger: quinze jeunes filles enlevées dans la région de Diffa

Un soldat nigérian à proximité du camp de Diffa, au Niger, qui accueille 300.000 personnes ayant fui Boko Haram, le 17 août 2016. (Photo d'illustration)
© BOUREIMA HAMA / AFP

Au Niger, quinze jeunes filles ont été enlevées dans la nuit de vendredi à ce samedi 24 novembre, près du village de Toumour, à l’est de Diffa, ce qui porte aujourd’hui à 54 le nombre de personnes enlevées par des jihadistes. Depuis quelques jours Boko Haram, qui contrôle plusieurs zones dans le nord du Nigeria, multiplie ses excursions dans le lit du lac Tchad, près des frontières nigériennes.

Ces nouvelles incursions des jihadistes et l’enlèvement des jeunes filles interviennent 48 heures seulement après l’attaque du site de la société Foraco, avec ses sept techniciens tués. Quinze filles ont été enlevées dans la nuit de vendredi à samedi, selon le gouverneur de Diffa. Neuf filles enlevées dans le village de Blaharde et six autres dans le village de Bandé, dans la commune de Toumour.

La particularité de ces enlèvements est que cette fois-ci, il s’agit uniquement de jeunes filles peules et Kanouri, d’où les questions de savoir où sont passés les hommes de ces deux villages, au moment de l’enlèvement de leurs enfants. Ont-ils fui le village laissant les femmes et les enfants à la merci des jihadistes ?

Pour l’instant, aucune revendication n’est enregistrée de la part des ravisseurs et on ne sait pas non plus s’ils vont exiger des rançons avant de libérer les jeunes filles.Les autorités régionales de Diffa disent suivre la situation de près. L’armée et les villageois sont à leurs trousses, dit-on.

Avec ces deux attaques, le nombre de personnes enlevées s’élève à cinquante-quatre. En effet, le 2 juillet 2017, trente-neuf autres personnes ont été enlevées dans le village de Ngalewa. On est toujours sans nouvelle d’elles.

Selon diverses sources, depuis que l’armée nigériane a été mise en déroute à Gashgar, au Nigeria, les éléments de Boko Haram contrôlent toute la bande le long du fleuve Komagougou yobe, ce qui expliquerait leurs multiples excursions en territoire nigérien.

Les soupçons portent sur Boko Haram

Des sources locales accusent les jihadistes de Boko Haram d'être derrière ces enlèvements. C'est en tout cas ce que pense, Mamane Kaka Touda, membre de l'association Alternative espaces citoyens qui a mis en place, depuis 2015, un réseau de veille sécuritaire dans plusieurs localités de la région de Diffa.

En dépit de l’état d’urgence décrété dans la région de Diffa, la situation est en train de se dégrader de plus en plus. Malheureusement, les attaques ne font que continuer et surtout ce nouveau mode opératoire de ces groupes terroristes, à savoir cette question des enlèvements. C’est toute une entreprise qui est derrière. Ce sont des rançons. C’est tout un réseau.

Mamane Kaka Touda
25-11-2018 - Par Gaëlle Laleix

 

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