Kenya: les députés veulent accorder plus de place aux femmes au Parlement

Une vue générale du Parlement kényan à nairobi, le 26 mars 2015.
© SIMON MAINA / AFP

Au Kenya, un projet de loi est débattu à l'Assemblée nationale pour instaurer des mécanismes afin qu'un tiers des élus soient des femmes. Le principe se trouvait déjà dans la Constitution de 2010 mais n'a jamais été appliqué.

Le Kenya débat depuis huit ans sur l'article 81 de sa Constitution de 2010. Le texte interdit qu'un genre obtienne plus de deux tiers des sièges parlementaires. Sauf qu'aucun mécanisme n'est précisé pour appliquer ce passage.

L'affaire est remontée plusieurs fois jusqu'à la Cour suprême. Les magistrats ont lancé des ultimatums aux députés. Des plaintes ont été déposées. Rien n'y a fait. Tous les projets de loi ont échoué.

« Pas de princesses ou de petites copines »

Aujourd'hui, 22% des parlementaires sont des Kényanes. Dans la moyenne mondiale, le pays est à la traîne par rapport à ses voisins.

Or, le nouveau texte en débat aurait plus de chances d'aboutir, notamment parce que le président Uhuru Kenyatta et le chef de l'opposition Raïla Odinga l'ont tous deux soutenu. Il prévoit, après les élections, la création de sièges spéciaux avec la nomination de femmes pour les occuper.

Certains craignent une hausse des dépenses publiques ou encore le népotisme avec la nomination d'épouses, de soeurs ou d'amies de politiciens. Sabina Chege, élue de la majorité, a violemment répondu à la polémique. « La loi ne va pas créer des princesses ou récompenser les petites copines bien connectées, a-t-elle déclaré. On parle des femmes kényanes ici ».

Le texte devra obtenir les deux tiers des voix pour être adopté le 27 novembre 2018.

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