Tunisie: la rue proteste contre la venue du prince Mohammed ben Salman

Des manifestants ont donné de la voix à Tunis, le 27 novembre 2018, contre la venue du prince héritier saoudien Mohammed ben Salman, suspecté d'être responsable de la mort du journaliste Jamal Khashoggi.
© REUTERS/Zoubeir Souissi

Avant l’Algérie et la Mauritanie, Mohammed ben Salmane a effectué une visite éclair en Tunisie en provenance d’Egypte ce 27 novembre. Accueilli sur le tarmac de l'aéroport de Tunis par le chef de l’Etat, le prince héritier saoudien effectue une tournée avant le sommet du G20 à Buenos Aires. Très peu d’informations ont filtré de sa rencontre avec le président de la République, Béji Caïd Essebsi. La société civile n’a eu de cesse de répéter qu’elle s’opposait à sa venue.

Le trajet entre l’aéroport de Tunis et le palais de Carthage, habituellement fleuri de dizaines de drapeaux aux couleurs des prestigieux visiteurs, n’affichait qu’une dizaine d’emblèmes saoudiens ce 28 novembre. Quelques heures à peine de visite officielle, aucune conférence de presse, pas d’annonces : cette visite en catimini du prince Mohammed Ben Salman est la première d’un dignitaire de ce rang depuis la révolution de 2011.

La présidence n’a communiqué qu’au compte-goutte et rien sur les investissements saoudiens. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre d’une tournée à l’étranger, la première depuis l’assassinat à Istanbul du journaliste Jamal Khashoggi, le 2 octobre dernier.

Argent « sali par le sang »

Dans la journée, des manifestants ont battu le pavé sur l’avenue Bourguiba, au coeur de Tunis, pour s’opposer à la visite. Zora, la cinquantaine, un portrait du prince barré du mot assassin à la main, déclare : « L’argent sali par le sang de Khashoggi et d’autres, nous n’en voulons pas. Il n’a pas à blanchir ses mains en Tunisie. »

Malgré la très grave crise économique que traverse son pays, Douktar Ben Jabia, la vingtaine, refuse la manne saoudienne : « On n’a pas besoin du roi saoudien qui est un assassin et un terroriste, affirme-t-il. Qu’il garde ses milliards et qu’il nous laisse la dignité. »

Si Bouteïna a fait le déplacement, c’est avant tout pour des motifs religieux : « En tant que musulmans, on réclame que La Mecque soit hors de ses mains salies par le sang. »

Quant à l'ancien président tunisien Ben Ali, qui a trouvé refuge en Arabie saoudite depuis la révolution, certains manifestants demandaient au régime de le garder quand d’autres appelaient à son extradition.

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