Togo: manifestation de l'opposition à l'approche des élections législatives

Une précédente manifestation de l'opposition togolaise en septembre 2017 à Lomé (photo d'illustration).
© Matteo Fraschini KOFFI / AFP

A trois semaines des élections législatives, l’opposition togolaise était dans la rue ce jeudi 29 novembre. Des milliers de manifestants ont défilé dans plusieurs grandes villes du pays. Ils dénoncent des irrégularités dans le processus électoral. Et demandent le départ du président Faure Gnassingbé au pouvoir depuis 2005.

C’est un endroit reclus devant le temple Espéranre de Dzifa–Kpota, quartier excentré de la capitale que les marches sont de plus en plus confinées ; il a fallu ce jeudi, plus de trois heures de marche pour joindre ce point de chute.

A l'appel de la principale coalition d'opposition, des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes ont défilé dans le pays, à Lomé, Sokodé, Kpalimé, Atakpamé.

Dans la capitale, ils étaient 200 000 selon les organisateurs, vêtus de rouge et d’orange, couleurs des deux principales formations d'opposition, mais entre 5 et 6000 seulement selon le général Damehame Yark, ministre de la Sécurité et de la Protection civile.

Sur les pancartes, on pouvait lire « 50 ans ça suffit » en référence à la famille du président Faure Gnassingbé qui dirige le pays depuis 1967. Ou alors « nous sommes tous Togolais, le pays n'impartient à personne. »

A l’arrivée, un seul message de la coordinatrice de la coalition, Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson : « Il m'a été demandé de vous entretenir des élections. Le sujet est très court et se résume comme ceci : personne ne prendra part aux élections frauduleuses », a-t-elle harangué.

Selon le général Damehame Yark, tout s'est bien passé dans le calme à part quelques échauffourées à Togblékopé dans la banlieue nord.

Damehame Yark
30-11-2018 - Par Alexandra Brangeon

Jean-Pierre Fabre en appelle à la Cédéao

Cette coalition d'opposition – qui regroupe 14 partis – dénonce des irrégularités dans l'organisation du scrutin du 20 décembre. Aucun de ces 14 partis n’a d’ailleurs présenté de listes pour ce scrutin, dénonçant « une mascarade ». Ils demandent l'arrêt du processus électoral.

Pour Jean-Pierre Fabre, chef de file de l'opposition, personne ne peut les contraindre à aller à de fausses élections. « On l'a fait par le passé, on ne le fera plus », dit-il. Ils demandent que la Cédéao intervienne pour suspendre ce scrutin et qu’ils puissent trouver une solution pour des élections libres, transparentes et démocratiques. « Si réellement la Cédéao s'implique pour que la crise togolaise soit réglée par ces élections législatives, il est impérieux que ces élections soient libres, équitables, transparentes et démocratiques. »

A partir de ce vendredi, la Céni publiera la liste des électeurs dans tous les centres de recensement et de vote.

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