Republier
Soudan du Sud

Soudan du Sud: réactions au rapport de MSF sur le viol de 125 femmes

Le 18 juin 2017, des déplacés sud-soudanais dans le camp de Bentiu reçoivent des vivres distribués par l'ONU. (photo d'illustration)
© REUTERS/David Lewis

Médecins sans frontières a publié un rapport sur le viol de plus de 100 femmes qui se rendaient à des distributions alimentaires. Les incidents se sont produits entre le 19 et 29 novembre 2018, près de la ville de Bentiu, dans le nord du pays. Le gouvernement provincial questionne l'authenticité du rapport alors que les chancelleries occidentales se disent très préoccupées.

Selon MSF, ces femmes, dont des fillettes de moins de 10 ans, ont été violées, battues, par des hommes armés en uniforme, alors qu’elles cherchaient à atteindre des centres de distribution alimentaire.

L’Union européenne, les ambassades de France, d’Allemagne, de Grande-Bretagne, d’Italie, de Suède se disent « vivement préoccupés » par ces exactions et appellent le gouvernement de Juba à ouvrir une enquête et à sanctionner les responsables.

Selon la mission des Nations unies au Soudan du Sud, qui a renforcé ses patrouilles autour de Bentiu, ces attaques auraient été menées par de jeunes hommes, certains en uniformes militaires, d’autres en vêtements civils.

Le gouvernement provincial critique le rapport

Des incidents que nient les autorités de la province. Pour Lam Tungwar, porte-parole du gouvernement provincial, le rapport de Médecins Sans Frontières est faux. « Le gouvernement provincial est présent à Bentiu, nous sommes au courant de tout ce qu’il s’y passe. Nous sommes en contact avec les camps de déplacés, ainsi qu’avec les agences des Nations unies, avec qui nous partageons des informations. S’il y avait eu des incidents aussi importants, nous en aurions été informés, la police aurait ouvert une enquête. J’ai vu le rapport et je pense qu’il n’est pas authentique, qu’il a été fabriqué afin de lever des fonds. »

« Nous voulons savoir exactement ce qu’il s’est passé, il nous faut des réponses, insiste Lam Tungwar. Cela s’est-il passé à l’extérieur d’un camp de déplacés, à proximité, ou à l’intérieur d’un camp ? Auquel cas c’est de la responsabilité des Nations unies. »

Les assaillants n’ont pas été identifiés, mais selon le principal mouvement d’opposition, le SPLM-IO de Riek Machar, ce territoire est entièrement contrôlé par les troupes du gouvernement.

Le rapport de MSF

A Juba, la société civile déplore la réaction des autorités provinciales. L’organisation Eve, qui milite pour les droits et le développement des femmes au Soudan du Sud, trouve « regrettables » les propos du ministre de l’Information. « Il faut à tout prix diligenter une enquête pour établir les faits, demande Ita Lopidia, la directrice générale. Même si ce dernier rapport est imprécis, il ne faut pas le balayer du revers de la main. Nous nous attendons à ce que les autorités à tous les niveaux prennent ces accusations au sérieux. Des crimes d’une telle ampleur doivent faire l’objet d’une enquête. Les coupables doivent être arrêtés. Il faut que justice soit faite. Ce n’est tout de même pas la première fois ! Surtout à Bentiu ! Là-bas, les femmes n’hésitent plus à porter plainte. Tout ce qu’on demande, c’est que les autorités, avant de réfuter quoi que ce soit, fasse une enquête digne de ce nom. Réfuter ce rapport en prétendant que c’est pour mousser la collecte de fonds… Comment dire ? Le moins qu’on puisse faire, c’est enquêter sur ce qui s’est vraiment passé. »

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.