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Togo

Togo: l’opposition dénonce la répression lors d’une tentative de manifestation

Deux personnes tuées lors d'une tentative de manifestation le 8 décembre 2018: Jean-Pierre Fabre (ici en 2015) rejette les explications du gouvernement.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Au Togo, le calme est revenu à Lomé, ce dimanche 9 décembre, au lendemain d’une tentative de manifestation réprimée par la police et endeuillée par la mort de deux personnes dont un enfant. La jeune victime a été tuée par balle dans le quartier d’Agoè, dans le nord de la capitale, en marge d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. L’opposition dénonce cette répression.

Lomé s’est réveillée, ce dimanche matin, dans la consternation, au regard des nombreux messages de réprobation qui circulent sur les réseaux sociaux condamnant la mort de ce petit mécanicien, fauché, pas loin de son garage.

« C’est un agent en tenue qui a tiré à bout portant sur lui », confie un proche parent alors que selon le gouvernement, l’enfant a été abattu par des individus descendus d’un véhicule non immatriculé.

La ville est calme, la circulation sur la route nationale N°1 est normale. On y voit, par endroits, les restes de bois brûlé et des parpaings qui jonchent le sol.

Des éléments de l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie patrouillent en jeep entre le grand contournement et la route nationale N°1, pas loin de laquelle le petit Idrissou Moufidou a trouvé la mort, samedi.

Le chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, a rejeté dans un message écrit, envoyé aux populations à travers la presse de ce matin, les explications du gouvernement sur la répression de samedi.

L'ONG Amnesty International, qui comptabilise deux et non pas un mort, réclame une enquête indépendante pour rendre justice aux victimes. « On a enregistré au moins deux morts à Lomé dans les manifestations, dont au moins un enfant tué par balle dans la banlieue nord de Lomé, explique François Patuel, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest pour Amnesty International. Il y a souvent des décès enregistrés dans les manifestations au Togo. En 2017, on en avait déjà enregistré une dizaine. Ce sont souvent aussi malheureusement des mineurs, ce qui est extrêmement préoccupant ».

« Cette liste s'allonge et c'est une responsabilité supplémentaire envers les autorités qui doivent s'assurer qu'il y a une justice dans le cadre de ces manifestations sinon il y aura toujours ce climat d'impunité et de violence qui continuera de régner dans le pays, poursuit le chercheur. On demande une enquête indépendante et impartiale et que les responsables présumés soient présentés devant la justice dans le cadre d'un procès équitable ».

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