Pacte mondial sur les migrations: «vital en matière de droits de l'homme»

Migrants au large de la Libye.
© REUTERS/Bundeswehr/PAO Mittelmeer/Handout via Reuters ATTENTION

Le pacte mondial sur les migrations sûres, ordonnées et régulières a été informellement adopté, ce lundi 10 décembre, à Marrakech, lors de la première journée de la conférence intergouvernementale organisée par l’ONU. Le texte doit encore être entériné, mercredi 19 décembre, aux Nations unies. Les représentants de plus de cent pays se sont succédé à la tribune, ce lundi, pour apporter le soutien de leurs gouvernements à ce pacte.

C’est par un simple coup de marteau que ce pacte mondial sur les migrations a été informellement adopté, ce lundi 10 décembre, à Marrakech. Ce pacte se veut une réponse globale à « une réalité que nous ne pouvons affronter qu’ensemble », a affirmé Maria Fernanda Espinosa Garcès, présidente de l’Assemblée nationale des Nations unies, à l’ouverture de la conférence convoquée par son organisation.

De son côté, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a tenu à répondre, point par point, aux « critiques » et surtout aux « fausses informations » qui circulent dans certains milieux à propos de ce pacte. Il a mentionné la souplesse du texte. « Ce n’est pas un traité et il peut s’adapter aux besoins de chaque pays, dans le respect des droits de l’homme », a-t-il affirmé. Même tonalité chez le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita. « Le pacte est une avancée... et subit des attaques injustes sur ses dispositions : ce n'est pas un document juridiquement contraignant, c'est un document politique », a-t-il expliqué à notre envoyée spéciale.

Le pacte est une source d'inspiration pour le développement de politiques nationales, pour l'élaboration de stratégies régionales, et pour faciliter un dialogue multilatéral et international.

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Pour l’Allemagne où la question migratoire est cruciale, l’accent a été mis sur la nécessité d’une coopération multilatérale face aux problèmes migratoires.  La chancelière Angela Merkel, très applaudie après son discours, a conclu que « cela vaut la peine de se battre pour ce pacte ».

Le souverain marocain a, quant à lui, envoyé un message à la conférence qui a été lu par le Premier ministre. Pour Mohammed VI, les réponses aux migrations clandestines, question qui déchire et déchaîne les passions en Europe, « ne peuvent être sécuritaires ».

Déclaration des droits de l'homme

La dernière conférence de la journée a été particulièrement forte. Elle était dédiée au 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l'homme à l’ONU, ne s’est pas privée de faire la comparaison entre les deux déclarations. Elle a estimé que le monde prenait, ce lundi, un « autre engagement collectif important en faveur de la dignité humaine et de ses droits ». Pour elle, comme pour les responsables du monde entier présents à Marrakech, ce pacte est un document « vital en matière de droits de l'homme ».

Il propose un cadre de coopération et d’action et contient une somme d’engagements politiques qui respectent la pleine souveraineté des États, un point sur lequel n’ont cessé d’insister les délégations. Le texte appelle à respecter les droits fondamentaux de migrants, pour qu’ils soient traité dignement, mais tout en luttant contre les migrations irrégulières. Pour plusieurs intervenants, il est important de « mettre un visage humain » sur ce phénomène.

« Nous avons réussi à nous attaquer à un problème qui a longtemps été perçu comme hors de portée à l’échelle mondiale », s’est félicitée Louise Arbour la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour les migrations. Pour elle, le pacte de Marrakech restera « la référence pour toutes les initiatives futures » traitant de la mobilité humaine transfrontalière. Mais si les intervenants, dans leur majorité, considèrent que ce pacte est une avancée, ce n’est que le premier pas dans un long processus. Car une étape majeure reste à faire : celle de la concrétisation.

En tout, des représentants de 122 pays ont pris la parole, ce lundi. A l’unanimité, ils ont tous insisté sur l’importance du dialogue et de l’approche multilatérale.

Après Marrakech, le pacte mondial doit être entériné par l’Assemblée générale le 19 décembre, à New York.

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