Niger: «Tournons la page» récompensé pour son engagement pour les droits humains

Des membres de la société civile nigérienne sont interpellées à leur siège, à Niamey, en marge de la manifestation contre la loi de finances, le 25 mars 2018 (illustration).
© Moussa Kaka/RFI

Il y a 70 ans était adoptée la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. A l'occasion de cet anniversaire, le Prix des Droits de l'Homme de la République française a été décerné lundi à Paris. Chaque année, ce prix récompense des individus ou des organisations engagé(e)s pour la défense des Droits humains dans le monde. Parmi les lauréats 2018 : un avocat chinois dont le nom n'a pas été divulgué, un avocat biélorusse, une organisation palestinienne et une israélienne récompensées conjointement. Distingué également, le mouvement citoyen africain « Tournons la page », qui travaille dans huit pays d’Afrique francophone (Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo, Gabon, Niger, RDC et Tchad).

Le coordinateur national pour le Niger du mouvement «Tournons la page», Maïkoul Zodi, était à Paris pour recevoir le prix. Il a passé cinq mois en prison cette année. Arrêté en avril 2018 avec d'autres militants de la société civile, il a été libéré en octobre dernier, sans qu'aucune charge n'ait été retenue contre lui.

« Ce prix nous honore à plus d’un titre, nous a t-il confié. C’est une reconnaissance internationale de la République française par rapport aux actions que nous sommes en train de mener, des actions de terrain de défense des droits de l’Homme.

Et vous vous rappelez en juin, le président nigérien était ici à Paris lors d’une conférence de presse conjointe avec le président Macron où il nous avait qualifié de 'putschistes'. Heureusement pour nous, la République française vient de nous honorer en accordant ce prix et Incha’allah nous allons continuer le combat. La mal-gouvernance, la corruption et le détournement de données publiques, nous allons continuer à les combattre. C’est vrai, c’est dur. Ils vont continuer à nous inquiéter mais nous allons continuer le combat. La lutte va continuer.

Avec les risques et les pressions et les conséquences que vous pouvez subir ?

Oui, nous sommes prêts à endurer ces risques-là. Nous sommes prêts à endurer les conséquences parce que c’est une question de droits de l’Homme qui se pose. Nous devons nous soulever. Le régime actuel n’a rien à voir avec les droits de l’Homme. C’est pour cela que nous allons nous dresser comme un seul homme et continuer la lutte. Nous allons créer les conditions d’avoir des citoyens capables de se défendre sur le terrain.

Lire aussi : Prix des droits de l’homme: deux ONG israélienne et palestinienne récompensées

Le palmarès du Prix des droits de l'homme de la République française

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.