Sanctions contre des officiels congolais: Kinshasa dénonce l’«ingérence» de l’UE

Parmi les personnalités congolaises visées par les sanctions européennes: Emmanuel Ramazani Shadary, candidat de la majorité aux élections.
© Junior D. KANNAH / AFP

Kinshasa conteste la légalité et le fondement même des sanctions renouvelées ce lundi 10 décembre par l'Union européenne contre 14 officiels congolais à qui elle reproche de graves violations des droits de l’homme et des entraves au processus électoral.

Alain-André Atundu, porte-parole de la majorité présidentielle
11-12-2018 - Par Florence Morice

Pour Kinshasa, les sanctions européennes qui frappent notamment Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat du président Kabila à la présidentielle, sont d’abord une « ingérence politique inacceptable dans le processus électoral ».

L’Union européenne ne nie pas leur caractère politique. « Les sanctions (sont des mesures préventives qui) permettent à l’UE de réagir rapidement face à des problèmes politiques », peut-on lire sur le site internet du Conseil européen. Elles peuvent donc être levées en cas « d’évolutions favorables perceptibles » précise une source diplomatique.

Dans le cas contraire, leur renouvellement est annuel. Et si cette fois cela tombe à 15 jours de la présidentielle, ce n’est que le fruit du « hasard ». Ce serait au contraire pour éviter toute « interférence » avec l’élection que les Européens n’ont pas souhaité lever les sanctions contre le seul candidat Shadary, comme l’avaient suggéré certains Etats membres.

Jean-Marc Kabund, secrétaire général de l'UDPS
11-12-2018 - Par RFI

Autre leitmotiv des Congolais : ces mesures seraient « injustes et illégales ». Ils reprochent à l’Union européenne de ne pas avoir donné aux personnalités sous sanctions l’opportunité de se défendre. Côté européen, on explique que la jurisprudence ne les oblige pas à entendre les personnalités visée par les sanctions avant que celles-ci ne soient prises. Par la suite, un recours est possible devant la Cour européenne de justice.

Les Congolais y ont d’ailleurs lancé un appel toujours en cours d’examen. « Leurs avocats, précise une source européenne, ont également été reçus à Kinshasa » par l’ambassadeur de l’UE, qui s’est dit « disponible pour échanger directement » avec les personnes sous sanctions. Sans suite pour le moment.

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