Elections en RDC: les procès-verbaux vierges se font toujours attendre

Une femme passe devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) le 5 novembre 2017 à Kinshasa.
© JOHN WESSELS / AFP

En RDC, à dix jours de la présidentielle, les procès-verbaux et fiches de résultats vierges, indispensables au bon déroulement du vote, sont toujours en cours d’impression en Afrique du Sud, reconnaît la Commission électorale. Alors que ces dernières semaines, tous les yeux étaient rivés sur les difficultés de déploiement de la machine à voter dans les 75 000 bureaux de vote du pays, cette annonce inquiète la société civile et les observateurs. Et cela s’ajoute, ce jeudi, à l’incendie qui a frappé un entrepôt de la Céni à Kinshasa.

C'est une difficulté de plus à laquelle peu s'attendaient et c'est le président de la Céni lui-même qui l'a révélé à la presse vendredi dernier. Parlant d'un « point critique » Corneille Nangaa promettait cependant que dès le lendemain les premiers lots de procès-verbaux et fiches de résultats vierges décolleraient en avion depuis l'Afrique du Sud.

Problème, cinq jours plus tard, c'est le statu quo. « Ils commenceront à arriver demain ou après-demain », promettait de nouveau mercredi soir Jean-Pierre Kalamba, le rapporteur de la Céni. Or, « sans procès-verbaux, pas de résultats officiels », s'inquiète un expert électoral qui se demande comment la Commission pourra acheminer ces documents indispensables dans les 75 000 bureaux de vote du pays, au vu des difficultés déjà rencontrées depuis des semaines pour déployer la machine à voter.

La Céni reste confiante

La Céni répond que pour gagner du temps, les avions transportant ces documents atterriront directement dans six grandes villes du pays. Ils seront ensuite confiés aux « présidents des centres de vote » « en cours de formation » afin qu'ils les acheminent dans les bureaux de vote.

Problème là encore, en théorie ces formations devraient déjà être achevées. La Céni, qui se dit « confiante », justifie ce retard par le fait qu'il s'agit de « matériel électoral sensible » à « déployer au dernier moment ». Ce qui n'empêche pas Sylvain Lumu, directeur de l'Institut Alternatives et Initiatives citoyennes pour la Gouvernance, de redouter de possibles « violences » si tout n'arrivait pas à temps.

Sur son compte Twitter, mercredi, la Commission électorale annonçait, pourtant, qu’« après vérification technique, tous les matériels électoraux » étaient arrivés « en bon état de fonctionnement » dans les tous les territoires et villes du pays.

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