Présidentielle à Madagascar: faux comptes et rumeurs prolifèrent sur Facebook

La méfiance accrue envers des institutions comme la Céni est l'une des conséquences de la prolifération de fausses rumeurs sur les réseaux sociaux (image d'illustration).
© AFP PHOTO / RIJASOLO

Face à la prolifération de faux comptes Facebook et l’augmentation de commentaires diffamatoires, une organisation de la société civile, Liberty 32, a organisé mercredi un débat entre représentants des candidats sur l’impact du réseau social sur la campagne électorale.

Malgré le faible taux de pénétration d’internet sur l’île – à peine 7% –, les candidats ont bien compris l’enjeu des réseaux sociaux. Dans chacun de leurs QG, une vingtaine de bénévoles s’active pour alimenter comptes et pages Facebook de leur « président ».

Mais d’un bord comme de l’autre, on dément l’utilisation de faux comptes. « On ne peut pas connaître exactement qui se cache derrière les faux comptes, explique Sébastien Andriamanohisoa, qui représente le candidat Rajoelina. Nous, on utilise le compte officiel des personnes qui travaillent au sein de la communication d’Andry Rajoelina. Mais les faux comptes, ce n’est pas nous ! S’il y a des partisans qui publient des propos diffamatoires, nous avons donné des consignes pour les calmer. »

Rado Randzanaharison, lui, est un partisan de Marc Ravalomanana. « Pour le groupe TIM, Facebook est nocif pour le climat électoral parce qu’il y a beaucoup de confrontations, de dénigrement. On peut faire beaucoup de mal ; beaucoup de gens partagent des photos négatives à propos de l’autre candidat. Les valeurs morales n’existent plus. Mais dans notre équipe, non, nous ne créons pas de faux comptes », assure-t-il.

Puni par la loi

D’après les experts en réseaux sociaux présents au débat, les faux comptes prolifèrent de jour en jour. Conséquence : une multiplication de rumeurs, de fausses informations, destinées généralement à discréditer le concurrent. Et une méfiance accrue à l’égard d’institutions comme la Céni.

« La particularité de cette campagne, c’est la création par des partisans, de groupes de discussion qui sont devenus très puissants, sur Facebook surtout, analyse Andriamaharo Mandimbijaona, spécialiste en communication. Dans ces groupes-là, les discussions sont vraiment très violentes. Evidemment, sur leur page officielle, les candidats ne vont pas tenir de discours haineux. Mais dans les groupes, la situation est différente et les candidats en profitent. La vraie question, c’est de savoir qui se cache derrière ces faux comptes et ces groupes-là. C’est très difficile de les identifier. »

Il rappelle que le dénigrement, les insultes ou les humiliations envers une personne sont prohibés par le règlement de Facebook. Andriamaharo Mandimbijaona encourage donc les internautes à signaler les contenus haineux pour éviter leur propagation et préserver, in fine, la société malgache tout entière.

La Haute Cour constitutionnelle vient de son côté d’interpeller les candidats, leurs soutiens, les médias et les membres actifs des réseaux sociaux. Elle rappelle à tous que la diffamation orale, écrite ou numérique est punie par la loi. Le contrevenant risque une amende allant jusqu’à 5 millions d’ariarys (environ 1 270 euros).

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