Présidentielle au Sénégal: l'opposition lance une plateforme de sécurisation

Candidats à la présidence (Karim Wade, Khalifa Sall, Idrissa Seck, Madické Niang, Aïssata Tall Sall, Ousmane Sonko...) et acteurs de la société civile ont lancé ce jeudi POSE, une plateforme pour contrôler le déroulement de l'élection présidentielle.
© Guillaume Thibault/ RFI

Au Sénégal, l’opposition a lancé ce jeudi 13 décembre une plateforme, la POSE : la Plateforme opérationnelle de sécurisation des élections. En vue de la présidentielle de février prochain, une trentaine d’acteurs, des candidats à la présidentielle et des membres de la société civile ont donc signé une charte qui stipule qu’ils s’engagent à participer à la transparence du scrutin. Idrissa Seck, Ousmane Sonko, Madické Niang, des représentants de Karim Wade et de Khalifa Sall ont notamment signé ce document, car ils estiment que le président Macky Sall veut passer en force et gagner au premier tour. Reportage.

L’image est forte : deux photos de Khalifa Sall qui est en prison et de Karim Wade qui est en exil encadrent les prétendants à la présidence. Au pupitre, l’avocat Mame Adama Gueye qui est à l’origine de cette plateforme POSE accuse le président Macky Sall de vouloir passer dès le premier tour. « Quand on veut avoir la mainmise sur les réseaux sociaux, qu’on verrouille les médias publics, qu’on achète des armes anti-émeutes, il y a un hold-up électoral en préparation », estime l’avocat.

Pour le leader du parti Rewmi Idrissa Seck, la plateforme mise en place, cette volonté de l’opposition de pointer du doigt d’éventuels problèmes lors de la présidentielle, bloquera Macky Sall. « Le peuple sera déterminé. Je pense que son hold-up électoral échouera », dit-il.

Divisée depuis des mois, l’opposition a donc réussi à s’accorder. Madické Niang, ancien cadre du PDS qui a décidé de tenter l’aventure présidentielle en solo, estime que cette entente doit aller plus loin. « C’est déjà un début d’alliance. Nous pouvons nous engager, nous promettre que celui qui sortira de cette plateforme, il ira inéluctablement avec Macky Sall au deuxième tour et il sera battu. C’est ça que nous recherchons », dit-il.

La charte signée engage les prétendants de l’opposition au poste suprême à financer, à appuyer cette plateforme de sécurisation des élections. Le plus difficile reste donc à accomplir.

Je trouve que c'est de la politique politicienne...
Réaction de El Hadj Hamidou Kasse, ministre conseiller et responsable de la communication du président Macky Sall
14-12-2018 - Par Guillaume Thibault

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