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Bénin Justice

Bénin: première journée du procès ICC Service, énorme scandale financier

Les rues de Cotonou, au Bénin (photo d'illustration).
© RFI/Guillaume Thibault

L'affaire d'escroquerie qui a dépouillé et ruinée entre 2006 et 2010, des milliers de victimes, est jugée par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le procès se poursuivra jusqu'à la fin de l'année. Une vingtaine de prévenus sont à la barre et répondent des infractions telles qu'« association de malfaiteurs, escroquerie avec appel au public et exercice illégal d'activités bancaires et de microfinance ». Le FMI évalue le préjudice de l'escroquerie à plus de 155 milliards de francs CFA. Cette première journée a permis de mieux connaître les auteurs de ces faits, leurs méthodes et surtout leurs réseaux.

Au sommet de cette pyramide du cash qui a floué des milliers d'épargnants, quatre individus, dont aucun ne vient du monde de la finance.

Au départ, ICC Service était dans l'informatique. Quand la société se lance dans les placements avec des taux surréalistes de 160 %, elle n'avait aucun agrément. Personne n'a osé l'interdire d'activité. Parmi les quatre personnes à la manoeuvre, un « Monsieur relations publiques », plein d'entregent qui savait ouvrir toutes les portes.

A la barre et sous le feu nourri des questions de la Cour, on a eu droit à une séquence « confidences et déballage ». Lorsque ICC Services a décidé d'obtenir son agrément, elle dit avoir versé, deux fois, des pots-de-vin de 7 et 200 millions de francs CFA.

« Ces gens-là étaient couverts »

Les débats ont prouvé que les responsables ICC étaient très bien introduits dans les arcanes du pouvoir. Car parmi les autres révélations figurent leurs entrées faciles à la présidence de la République. Ils y ont été reçus plusieurs fois et ont même fait des dons, au nom du pouvoir.

Toujours de la bouche du PDG de ICC services, on apprend qu'un soir, alors qu'il était détenu à la prison civile, on lui a organisé un rendez-vous chez le garde des Sceaux. « Pas de doute, ces gens-là étaient couverts », a résumé le ministre d'Etat, Pascal Koupaki, lors de sa déposition.

Responsabilité de l'Etat

Pour l'avocat des victimes, Me Alain Orounla, la responsabilité de l'Etat est pleinement engagée. « Ce drame ne serait jamais arrivé s'il n'y a pas eu des défaillances au niveau de l'Etat, je dirais même s'il n'y a pas eu des complicités. Quand on voit les promoteurs se promener avec des autorités, tout cela facilite la commission du crime et je crois qu'il est temps de rendre compte. »

Sur la vingtaine de prévenus cités dans l'affaire, 6 seulement étaient à la barre et il s'agissait des maitres du système ICC Services, Ils ont tous plaidé non coupable et pourtant tout semble les accabler : l'accusation, les dépositions et les questions de la Cour.

« Tout dossier est défendable, estime maître Hervé Gbaguidi. J'ai constaté que mes clients sont assez relaxes. J'espère continuer dans ce sens pour que la vérité puisse éclater. »

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