Libération de prisonniers au Cameroun anglophone: du «saupoudrage» pour les ONG

Vue de la ville Bamenda, dans le Cameroun anglophone.
© CC BY-SA 3.0/Wikimedia

Au Cameroun, le tribunal militaire de Yaoundé a confirmé, vendredi 14 décembre, la prochaine libération de personnes poursuivies dans le cadre de la crise anglophone. Mais selon l'ONG Un monde d'avenir, cette décision ne traduit pas de changement de fonds dans la politique de Paul Biya.

Le 13 décembre, la présidence camerounaise a annoncé que Paul Biya avait décidé de l'arrêt des poursuites engagées contre 289 détenus de la crise anglophone. Les personnes graciées et détenues dans six prisons camerounaises devaient être libérées dès le lendemain.

Malgré les retards dans la libération effective, l'ONG Un monde d'avenir s'est félicitée de cette décision. Toutefois, l'organisation regrette que cette mesure ne soit qu'un « saupoudrage » et que l'attitude du gouvernement à l'égard de cette crise anglophone n'ait pas changé sur le fond.

Crise au Cameroun anglophone: vers de prochaines libérations

« Cela permettait à quelques personnes de retrouver enfin la liberté, ce qui n’est pas une mauvaise chose du tout mais nous avons été renforcés dans notre observation regrettable que le gouvernement n’a pas du tout l’intention de trouver une solution à un problème qui perdure depuis deux ans, explique Philippe Nanga, le coordinateur d'Un Monde d'Avenir. Nous sommes restés confrontés à l’idée que l’emprisonnement restait l’option choisie par le gouvernement du Cameroun, notamment dans le cas de la crise anglophone. Cette mesure pour nous était un saupoudrage. Elle ne permettait pas malheureusement d’aller vers les options de ce problème que nous déplions depuis plusieurs années maintenant ».

« Aujourd’hui ce qui est demandé au gouvernement, c’est la relaxe pure et simple de l’ensemble des personnes détenues dans les prisons du Cameroun dans le cas de cette crise, poursuit-il. Ces personnes-là sont jugées à plus d’un millier, selon les chiffres avancés par les populations qui ont vu se faire déporter plusieurs personnes de leurs villages de leurs villes, dans les prisons de Bafoussam, de Douala, de Yaoundé, de Buea et de Bamenda ».

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.