Migration: au Niger, les limites de la politique de rétention financée par l'UE

Laghouat, nord de l'Algérie: enfants nigériens dans un camp de transit pour réfugiés, juin 2018.
© Ryad KRAMDI / AFP

Ce 18 décembre est la journée internationale des migrants. Après la difficile adoption du pacte de Marrakech la semaine dernière, le pacte mondial sur les migrations proposé par l'ONU a de nouveau mis en avant la crispation des gouvernements européens sur cette question. En Afrique, des pays partenaires comme le Niger, grande plaque tournante des migrants venus d'Afrique de l'Ouest à destination de l'Europe, a adopté une batterie de lois contre le trafic d'êtres humains depuis 2016. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, le nombre de migrants passant par le Niger est tombé à 5500 personnes par mois à la fin de l'année dernière, contre 5000 à 7000 un an auparavant. Pour autant le bilan de cette lutte contre l'émigration illégale reste mitigé.

Cette année, l'OIM au Niger aura aidé près de 17 000 migrants d'Afrique sub-saharienne à rentrer chez eux. Certains ont été refoulés d'Algérie, d'autres ont fui la Libye. Ces retours volontaires sont de plus en plus fréquents, alors que les candidats au départ sont moins nombreux.

De quoi satisfaire l'Union européenne, mais pour Martin Wyss, de l'OIM à Agadez, cette politique de régulation n'apporte pas une réponse durable car elle ne correspond pas à la réalité. « Dans la zone de la Cédéao, il est plus que normal que des gens d'un pays travaillent dans un autre pays. Après un certain temps, ils rentrent ; ils sont complètement libres dans cette zone ». C'était une sorte de modèle, souligne Martin Wyss mais que l'on tend à oublier en raison de « l'obsession à couper toute migration vers le nord ». 

Quelque 80% des migrations africaines se font à l'intérieur du continent... Terre de transit, la région d'Agadez a développé toute une économie de la migration dont une partie se nourrit aussi du trafic d'êtres humains.

Selon Mohamed Anako, président du Conseil régional d'Agadez, la politique de rétention financée par l'Union européenne n'apporte pas de réponses adaptées. « On a dit aux Européens que la seule façon de lutter contre les migrations, c'est de démobiliser les personnes qui (les) transportent ; c'est de créer les conditions d'une reconversion de ces personnes ; c'est d'identifier toutes les personnes qui vivaient de façon directe ou indirecte des migrations, mais malheureusement, nous n'avons pas été compris je crois... nous attendons toujours qu'on solutionne ce problème.»     

En septembre l'Union européenne a promis au Niger une aide de 21 millions d'euros pour lutter contre l'émigration clandestine.

Le président du Comité international de la Croix-Rouge, Peter Maurer, dans le camp de réfugiés de Garin Wanzam, au Niger. © RFI / Moussa Kaka

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