Elections en RDC: l’opposition plus que jamais divisée

De gauche à droite: Jean-Pierre Bemba, Adolphe Muzito, Alan Doss (fondation Kofi Annan), Martin Fayulu, Freddy Matungulu, Felix Tshisekedi, Moïse Katumbi et Vital Kamerhe. Genève, 11 novembre 2018.
© Fabrice COFFRINI / AFP

En République démocratique du Congo, les deux principaux candidats de l'opposition, Martin Fayulu et Félix Tshisekedi, s'accusent l'un l'autre de jouer un jeu trouble. Les deux camps sont à couteaux tirés, notamment sur les réseaux sociaux. Il n'est pas rare de voir leurs états-majors s'accuser même d'être vendus à la coalition au pouvoir, le Front commun pour le Congo. L'opposition qui souhaitait arriver unie le 23 décembre a échoué.

Quand ils s'étaient retrouvés à Genève pour un ultime round de négociations début novembre, Félix Tshisekedi et Martin Fayulu juraient être prêts à accepter n'importe quel candidat unique. « Avec une élection présidentielle à un tour, dix millions d'électeurs fictifs et la machine à tricher, divisés, il n'y a aucune possibilité de gagner », disaient-ils l'un comme l'autre.

Félix Tshisekedi, en tant que président du parti d'opposition historique, était donné pour favori. Mais finalement, à défaut d'un accord par consensus, les leaders de l'opposition avaient décidé de passer au vote. Martin Fayulu l'a emporté à la surprise générale et Félix Tshisekedi a bien accepté et signé l'accord de coalition.

La division

Mais à Kinshasa, son parti a tout de suite dénoncé : « une sorcellerie ». Ils seront deux leaders à finalement claquer la porte, Félix Tshisekedi et son actuel directeur de campagne Vital Kamerhe. Depuis, Martin Fayulu est devenu une cible de choix pour leur coalition Cach (Cap pour le changement), allant même jusqu'à l'accuser d'avoir monté « des maï-maï », un groupe armé, pour empêcher Félix Tshisekedi de faire campagne au Nord-Kivu. Ou simplement de faire le jeu du pouvoir en appelant à refuser la machine à voter, puis d'avoir changé d'opinion sur le sujet.

Mais Martin Fayulu est aussi la cible du pouvoir et au sein de sa coalition Lamuka, on parle volontiers d'une alliance objective entre Cach et le FCC et de négociations secrètes. « Joseph Kabila a toujours su monter ses opposants les uns contre les autres et comme d'habitude, ils l'oublient », commente un diplomate.

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