Republier
Togo

Elections au Togo: face aux critiques, la Céni joue la carte de la transparence

Opérations de vote dans un lycée de Lomé, Togo, le 25 juillet 2013 (illustration).
© RFI/O.Rogez

Les forces de sécurité togolaises ont voté, ce mardi, pour élire leurs députés. Un vote anticipé qui s'est déroulé dans le calme avant le vote général prévu ce jeudi. Les autorités ont maintenu le scrutin en dépit du boycott de la coalition des 14 partis d'opposition, la C14, et des demandes de reports formulées par la société civile et les religieux de toutes confessions. Les plus de 3 millions d'électeurs seront donc appelés demain aux urnes pour élire 91 députés. L'organisation de ce scrutin suscite de nombreuses critiques depuis plusieurs mois, mais la Céni se veut rassurante.

C’est un fichier électoral apuré qui sert de base à ces législatives. La Commission électorale nationale indépendante l’assure, il ne souffre d’aucune irrégularité. Le traitement des données et le recensement ayant été menés avec des experts électoraux et des observateurs de la Cédéao.

« Nous avons été accompagnés en amont jusqu’à avoir un fichier définitif. Après traitement et la modification des doublons, des empreintes mal posées et autres, 44 508 électeurs ont été radiés, donc le fichier définitif est de 3 155 837 votants », explique le professeur Kodjona Kadanga, président de la Céni.

Contestation de l’opposition

Qui compose ce fichier ? Combien de militaires parmi ces inscrits ? Impossible à savoir. Mais la Céni entend, là aussi, jouer la carte de la transparence, elle assure que les urnes du vote des militaires seront gardées sous scellés puis mélangées à celle du vote général, jeudi, avant un dépouillement public.

« Au niveau des bureaux de vote, il y a le document qui a fait là, devant tout le monde, il y a un PV, dans chaque bureau de vote. Ces PV sont remontés à la Commission électorale locale indépendante, les compilations sont faites là et acheminées au siège de la Céni », ajoute le professeur Kodjona Kadanga :

Cette même Céni qui est contestée et à laquelle la coalition des 14 partis d’opposition, la C14 refuse actuellement de siéger.


■ Important dispositif sécuritaire

La tension est visible dans la ville de Lomé et ses environs sont quadrillés : aux grands carrefours, les forces de défense sont visibles, matraque à la main, fusil en bandoulière. Pour sécuriser le processus électoral, une Force sécurité élection 2018 a été créée.

Composée de 8 000 hommes, policiers et gendarmes, son rôle est de garantir le déroulement du processus électoral, avant, pendant et après. « Il est question de garantir la liberté de circulation à tous nos concitoyens, quelles que soient les failles du processus », nous explique le lieutenant-colonel Messan Akobi, secrétaire général du ministère de la Sécurité et de la protection civile.

La sécurité pour ce scrutin est un défi, ajoute l’officier de gendarmerie. Et la Force sécurité élection 2018 (FOSE), selon son chef, le divisionnaire Têko Koudouwovoh, ne fait pas que le maintien d’ordre. Elle est aussi dans la prévention.

Après recoupement des renseignements, la FOSE a travaillé ces derniers jours avec les organisations de la société civile pour faire apaiser les tensions à l’approche du scrutin : « Nous voulons assurer efficacement la couverture sécuritaire de ce processus. Nous voulons limiter les dégâts et les dérapages ».

Des patrouilles, forces de l’ordre et de défense, sont partout visibles. Une mesure de sécurité inhabituelle qui fait parfois grincer des dents.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.