Elections en RDC: une campagne pleine de tensions à l’intérieur du pays

Des agents de la Céni chargent du matériel électoral dans un camion à Goma, au Nord-Kivu, le 19 décembre 2018.
© PATRICK MEINHARDT / AFP

En République démocratique du Congo, les élections générales doivent avoir lieu ce dimanche 23 décembre. La campagne entre donc dans ces dernières heures et elle se déroule dans un contexte de fortes tensions voire même de violences. A Kinshasa, les activités de campagne ont été suspendues, officiellement par crainte de violences, mais en réalité c'est à l'intérieur du pays que les incidents sont les plus nombreux. Aujourd'hui, le procureur de la Cour pénale internationale a mis en garde la République démocratique du Congo face à un risque d'une escalade de la violence.

Dans un communiqué, Fatou Bensouda s'est dite « préoccupée par les tensions croissantes » dans le pays et le risque « d'une escalade de la violence ». Elle a également mis en garde les acteurs congolais sur le fait qu'elle n'hésiterait pas à enquêter ou à poursuivre les auteurs de crimes qui pourraient relever de la compétence de la Cour pénale internationale.

C'est vrai que depuis le début de la campagne, il y a un mois, i y a eu de multiples incidents. Encore ces derniers jours. Au Kasaï, des incidents ont eu lieu la nuit dernière dans le territoire de Mweka dans le centre du pays. Une vingtaine de maisons ont été incendiées. On dénombre au moins un blessé. Des militants sont armés de pistolets et d'autres restent terrés chez eux par peur de représailles.

Ce sont en fait les militants de deux candidats au siège de député qui se sont affrontés. L'un est le candidat pour l'AFDC et venait faire campagne dans sa ville, l'autre est le candidat du PPRD. Deux partis qui sont pourtant membres du Front commun pour le Congo, cette coalition soutenue par le pouvoir. Chaque camp accuse l'autre de l'avoir provoqué et ce matin, la situation était tendue dans la zones

Mardi déjà un peu plus au sud dans la commune de Tshikapa, le candidat du pouvoir Emmanuel Ramazany Shadary n'avait pas pu venir faire campagne. Des centaines de personnes manifestaient contre sa présence. Le bilan fait état de 235 blessés, selon une ONG sur place qui a fait le décompte. Des blessés par jets de pierre, mais aussi par balles pour certains après la dispersion du rassemblement par l'armée. Et à Tshikapa, la situation est de nouveau tendue ce matin. La ville quadrillée par la police et l'armée, car le candidat Ramazany Shadary y est attendu un peu plus tard dans la journée pour y faire campagne.

A Kinshasa, c'est la possibilité d'un report du scrutin qui provoque des tensions. Des centaines d'étudiants manifestent depuis ce matin sur le site de leur université pour demander le maintien du scrutin le 23 décembre.

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