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Togo

Législatives au Togo: jour de vote sans l’opposition

Opérations de vote dans un lycée de Lomé, Togo, le 25 juillet 2013. (Image d'archive)
© RFI/O.Rogez

Au Togo, c’est jour de vote pour les élections législatives. Plus de trois millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour élire 91 députés. Un scrutin sans enjeux puisque la coalition des 14 partis d'opposition a décidé de le boycotter. Depuis un an, le pays est plongé dans une crise politique, des dizaines de manifestations ont été organisées pour réclamer le départ du président Faure Gnassingbé.

Les bureaux de vote ont ouvert comme prévu ce jeudi, certains avec une trentaine de minutes de retard, et il n’y a pas foule. Dans une école primaire publique d’un quartier du sud de Lomé, il y a huit bureaux de vote dispatchés dans les différentes salles de classe et très peu d’affluence. Il y a même parfois plus de membres de la Commission électorale et d’observateurs que d’électeurs.

Selon la directrice d’un de ces bureaux, une vingtaine de personnes ont voté depuis ce matin 7 heures, heure locale sur 465 inscrits. Même constat dans un centre de vote du quartier de Nyékonakpoé. Après une heure d’ouverture des bureaux, moins de 30 personnes avaient glissé un bulletin dans l’urne. Des Togolais ont également voté par dérogation, d’autres munis de leur carte, mais qui ne se trouvaient pas sur les listes, ont également voté. Leur nombre était insignifiant. Ce qui veut dire en clair que, à la mi-journée, la participation est très basse, en tout cas, dans le centre-ville de Lomé qui est plutôt acquis à la coalition des 14 partis d’opposition, la C14, coalition qui ne prend pas part à ce scrutin.

Le taux de participation, c’est bien sûr l’une des grandes inconnues de ce scrutin puisque la coalition la C14 détenait jusque-là 25 sièges sur 91 à l’Assemblée nationale, soit un quart. En début de mois, elle avait appelé les populations à manifester, mais les marches ont été endeuillées par la mort de quatre personnes, les 8 et 9 décembre.

Depuis la tension est palpable à Lomé où la coalition a beaucoup de sympathisants. Ce jeudi, aucun incident n’a été signalé jusque-là. La Force sécurité élection 2018 (FOSE), mise sur pied pour le scrutin, sécurise les centres de vote. En dehors de cela, la présence des forces de sécurité -policiers, gendarmes et militaires- est relativement discrète et la vie reprend peu à peu dans le centre de la capitale.

Les boutiques restent fermées, c’est un jour férié, mais les populations commencent à sortir de chez elles, vaquent à leur occupation et de plus en plus de motos-taxis circulent. Un signe encourageant pour les agents de la Céni. Les agents qui espèrent une plus grande affluence des électeurs dans les bureaux cet après-midi, car ils trouvent le temps un peu long.

Peu d’engouement à Sokodé, bastion de l’opposition

Pas de foule non plus à Sokodé, la deuxième ville du pays, où de petits dysfonctionnements sont signalés. A l’école primaire publique de Didaouré, ils n’ont affiché la liste électorale que ce jeudi matin. Selon les scrutateurs, c’est juste pour éviter que les listes soient déchirées. A 7h, heure d’ouverture des bureaux de vote, tout était en place, les bureaux ont normalement ouvert, mais il n’y avait pas un seul électeur dans ce centre.

Autre léger couac dans une autre l’école primaire publique de Sokodé. Les bureaux ont également ouvert à l’heure. Quelques électeurs ont commencé par voter, mais là aussi il y a un petit problème: les listes ne sont pas affichées par ordre alphabétique, ce qui a créé un petit cafouillage en début de journée.

L'ambiance est la même qu’à Lomé. La ville de Sokodé est calme, la circulation est quasi nulle. En réalité à Sokodé comme à Taratao, jeunes, femmes et enfants se sont enfuis vers les localités plus calmes. Seules les forces de l’ordre sont visibles partout, déployées aux carrefours. D’autres patrouillent à bord de véhicules.

Le président de la République, Faure Gnassingbé, a voté ce matin à Kara, à 400 kilomètres au nord de Lomé, ou il est inscrit. Kara est le village natal de l'ancien président Gnassingbé Eyadéma.

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