Report des élections en RDC: l'opposition veut continuer la campagne

Le président de la Céni annonce le report des élections d'une semaine en RDC le 21 décembre 2018.
© REUTERS/Baz Ratner

En RDC, la campagne électorale devait s’arrêter ce vendredi 21 décembre au soir mais après l’annonce du report de ces élections, initialement prévues le 23 décembre, au 30, certains candidats refusent d’arrêter leur campagne. Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe se sont exprimés, et si les deux opposants acceptent le principe d’un report, ils refusent d'arrêter de battre le pavé pour convaincre les électeurs.

Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe ont annoncé qu’ils ne cèderaient pas sur ce point. Ils promettent de continuer à battre campagne jusqu’au 28 décembre à minuit. Ils s’appuient sur l’article 28 de la loi électorale qui stipule que la campagne « s’achève 24h avant » le scrutin.

Pour eux la décision de la Céni d’arrêter la campagne ce vendredi 21 décembre soir est donc illégale. La Commission électorale a d’ailleurs confirmé cette clôture dans un communiqué, car le rapporteur de la Céni, Jean Baptiste Kalamba, explique que ce même article 28 de la loi électorale dit que la campagne est ouverte « 30 jours maximum avant la date du scrutin » et pour lui c’est cette disposition qui s’applique.

Il n’y aurait donc pas de meeting possible, mais le communiqué de la Commission électorale montre bien toute l’ambiguïté de la situation puisque pour les affiches de campagnes par exemple il stipule qu’elles devront être retirées aux abords des lieux de vote 24 heures avant le scrutin.

Nous acceptons ce report, malgré nous, et uniquement dans le but d'arriver jusqu’au bout de ce régime. Nous savons très bien que ce report n'est pas dû aux raisons avancées par la Céni. Ça ne sert à rien de se révolter maintenant à cause d'un report d'une semaine parce que le pouvoir peut profiter de la situation et détruire des machines et des bureaux, comme ce fameux incendie factice, et nous l'attribuer.

Félix Tshisekedi, président de l'UDPS et candidat à la présidentielle
21-12-2018 - Par Florence Morice

La Coalition électorale Lamuka considère, elle, le report des élections au 30 décembre comme une décision illégale. Pour ce regroupement de l’opposition, il s’agit d’une « provocation ».

Même la raison évoquée par la Céni, à savoir l’incendie d’un de ses entrepôts à Kinshasa, est qualifiée de fantaisiste, dans un communiqué publié ce vendredi 21 décembre au soir. Dans ce document signé par Pierre Lumbi, directeur de campagne de Martin Fayulu, la coalition Lamuka exige d’ailleurs la mise sur pied d’une commission internationale d’enquête sur l’incendie de cet entrepôt.

La coalition considère que ce nouveau report n’est pas le fait du hasard, mais procède « d’une stratégie bien planifiée pour torpiller le processus électoral et servir le régime sortant de se maintenir au pouvoir à tout prix ». Cependant, cette plateforme politique ajoute qu’elle ne va pas boycotter les élections et qu’au-delà du 30 décembre, elle n’acceptera pas un nouveau report.

Pendant que Martin Fayulu tenait meeting à Boma dans le Kongo Central ce vendredi après-midi, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi ont fait circuler une vidéo sur le web dans laquelle ils disent qu’ils acceptent eux aussi le report de sept jours en expliquant qu’ils veulent éviter un scénario de violence pour ne pas donner de prétexte au pouvoir. Mais Moïse Katumbi prévient : s'il n'y a pas d’élection le 30 décembre il faudra « chasser le pouvoir en place » et que pour eux aussi la campagne continue.

Du côté du FCC qui soutient Emmanuel Ramazani Shadary, on assure en revanche que tout ce qui concerne l’élection relève de la Céni et que le candidat s’y pliera. Ce dernier a donc clôturé sa campagne ce vendredi à Matadi dans le Kongo Central. Son entourage se félicite qu’il ait donc parcouru 25 provinces sur les 26 que compte le pays, moins Kinshasa bien sûr ou la campagne a été suspendue par le gouverneur mercredi.


Le CNSA demande au gouvernment et à la Céni d'accepter une aide logistique extérieure

Au lendemain de l'annonce du report d'une semaine des elections en RDC, le président du Comité national de suivi de l'accord de la Saint-Sylvestre, Joseph Olengankoy, a demandé à l'exécutif et à la Céni d'accepter la main tendue par la Monusco, la force onusienne déployée en RDC, et cela pour que les élections puissent se tenir correctement dimanche 30 décembre. Mais Joseph Olengakoy ne s'arrête pas là ; il a également deamndé à ce que la campagne électorale puisse se prolonger jusqu'au vendredi 28 décembre.

Joseph Olengakoy, président du CNSA
21-12-2018 - Par Florence Morice

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