Elections en RDC: la Céni clôt l'accréditation des témoins

Samedi 22 décembre, à Kinshasa (RDC), dernier jour de l'opération d'accréditation des témoins des partis politiques.
© Patient Ligodi/RFI

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a clos samedi l'opération d'accréditation des témoins des partis et regroupements politiques pour les élections reportées au 30 décembre. Tout est allé vite au niveau des antennes de la Céni.

Visages fermés, stylo correcteur entre les doigts et un tas de fiches sur la table, Ignace n'a plus beaucoup de temps, mais il doit faire attention aux moindres détails : « On demande le nom, le sexe, l’adresse résidentielle, le numéro de la carte d’électeur. Puis on signale la répartition selon les centres, vous mettez le code… »

Ignace représente un parti de la Majorité présidentielle. Il regrette que tout soit fait à la dernière minute : « Non, ce n’est pas compliqué, c’est facile sauf que, tout se fait comme au Congo, à la dernière minute. On fait ça sous tension. »

A quelques tables d'Ignace, Djino a presque terminé, il déplore également ce retard, et est également conscient que même la formation des témoins de son parti n'était comme il aurait souhaité : « On doit les encadrer. On n’a pas eu le temps, mais comme on a essayé un peu de prolonger, je crois bien qu’on doit se rattraper. »

Jusque tard dans la soirée, plusieurs partis et regroupements politiques étaient mobilisés pour suivre la fin de cette opération. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) par exemple, se dit globalement satisfaite, mais note tout de même quelques problèmes à l'intérieur du pays. Jacquemain Shabani, président de la Commission électorale permanente de l'UDPS, souligne qu'à certains endroits les fiches n'étaient pas suffisantes. Pour maximiser ses chances et assurer une meilleure observation des élections, l'UDPS s'est associée à l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe pour couvrir, disent les deux partis, tous les bureaux de vote.

Le CLC s'exprime sur le report de l'élection

Pour les laïcs catholiques du Comité laïc de coordination (CLC), l’incendie de l'entrepôt sur lequel s’appuie la Commission électorale nationale indépendante pour justifier le report de l’élection en RDC n’est qu’un prétexte agité par le pouvoir pour « dissimuler » ses propres déficiences et justifier ce report. Le CLC estime qu’en cas de nouveau report, les autorités en charge d’organiser l’élection devront céder leur place à une transition. Isidore Ndaywel, l’un des fondateurs du CLC :

« Il faut se rappeler que tous les reports ont été jusqu’ici pour des raisons techniques. Chaque fois, c’est ce que la Céni a avancé. Ensuite, on ne comprend pas que même dans une situation comme celle-ci, la Céni et le pouvoir en place refusent un coup de main qui pourrait être donné par la Monusco [Mission des Nations unies en RDC] ou quoi, pour faire en sorte que tous les éléments soient au point. Alors dans ce cas-là, on se demande si ce report technique est le dernier ou si c’est une stratégie pour autre chose. Si ce n’est pas pour essayer encore de gagner un peu de temps ou encore pour énerver davantage la population en espérant que la population puisse aller vers des violences. Et si c’est le cas, c’est regrettable. Nous, nous recommandons à la population de ne pas répondre aux rendez-vous de la violence, mais il est entendu que si on arrivait à la date du 30, mais qu’il n’y a pas élection, en toute logique il faudrait que toutes les structures en place puissent être considérées comme n’existant plus et qu’on reparte sur une autre base, spécialement en ce qui concerne la gestion électorale. »

Comme l’UDPS hier, le CLC s’inquiète aussi de la militarisation de plusieurs villes du pays à l’approche du scrutin.

Théodore Ngoy porte plainte contre André Kimbuta

Cette semaine, le gouverneur de Kinshasa André Kimbuta a décidé de suspendre la campagne électorale dans la capitale trois jours avant le délai légal. Hier samedi 22 décembre le candidat Théodore Ngoy a annoncé avoir porté plainte contre André Kimbuta. Ce dernier avait invoqué des motifs de sécurité pour justifier sa décision. Mais Théodore Ngoy estime que cette mesure est illégale et porte un lourd préjudice aux candidats de l'opposition.

« Le gouverneur de la ville n’a aucune qualité pour interférer dans le déroulement de la campagne. Donc le gouverneur de la ville, en prenant la décision d’interdire la campagne électorale au moment où la plupart des candidats n’ont pas pu, par manque de moyens, faire la campagne en dehors de Kinshasa ou à l’intérieur du pays, on rend irréguliers tous les processus. Il y a beaucoup de gens qui n’ont entendu que tel ou tel candidat et qui sont surpris de découvrir un autre candidat. Je n’ai pas pu aller partout dans toute la République, donc les trois jours qui restaient pour la campagne me permettaient à partir de Kinshasa, j’avais d’ailleurs prévu d’organiser un rassemblement qui m’aurait permis de m’adresser à la population et obtenir l’adhésion de ceux qui n’avaient pas encore entendu parler de moi. Donc c’est un préjudice réel. »


■ Un dimanche sans vote à Kinshasa

Les Congolais ne votent donc pas ce dimanche, ils encore une semaine de plus à attendre. Et la population a des sentiments partagés quant à ce nouveau report. Paroles de fidèles recueillies ce dimanche à la sortie de la messe ce matin à la cathédrale Notre-Dame de Kinshasa.

Je trouve cela un peu normal parce que parait-il que les appareils n’étaient pas encore prêts.

Paroles de Kinois sur ce dimanche sans élections
23-12-2018 - Par Florence Morice

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