Maroc: recueillement à Rabat en hommage aux deux touristes assassinées

Des Marocains adressent des messages de condoléance en anglais devant l'ambassade de Norvège à Rabat, le 22 décembre 2018, quelques jours après l'assassinat de deux touristes scandinaves, revendiqué par l'Etat islamique.
© FADEL SENNA / AFP

Au Maroc, plusieurs centaines de personnes se sont réunies ce 22 décembre au soir à Rabat devant l'ambassade de Norvège en hommage aux deux victimes d'Imlil, à l'appel du club des avocats de la capitale.

Deux touristes, Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans, et Louisa Vesterager Jespersen, une Danoise de 24 ans, ont été retrouvées assassinées ce 17 décembre dans cette zone montagneuse fréquentée par les randonneurs en amont du mont Toubkal, au sud de Marrakech.

Des représentants de la société civile marocaine mais aussi de nombreux citoyens sont venus seuls ou en famille ce 22 décembre à Rabat pour dénoncer ce meurtre revendiqué par Daech, acronyme arabe du groupe terroriste Etat islamique.

Dans un silence de recueillement, les anonymes ont défilé pour déposer des gerbes de fleurs, allumer des bougies ou laisser des témoignages de soutien devant l'ambassade de Norvège dans la capitale marocaine.

Rose blanche et minute de silence

« Ce qui nous touche, c'est le crime lui-même, le type de crime, on est en 2018 et on trouve le moyen d'égorger ces jeunes femmes de sang-froid mais aussi le fait que plus on est civilisés, plus le gens deviennent barbares », déclare Montasser Bensaid, la soixantaine, qui assiste à la scène.

Certains participants appellent en anglais via leur pancarte à la fin du terrorisme ou demandent pardon aux familles. « J'ai vécu pendant six mois en Norvège, raconte Amine, un étudiant en école de commerce qui tient entre ses mains un drapeau norvégien. Ce pays m'a tant donné et voir des citoyens norvégiens ici dans mon pays se faire assassiner de cette manière n'est juste pas acceptable et c'est pour cela que je suis venu dénoncer cet acte abominable qui n'a pas de religion malheureusement ».

Rose blanche à la main, Nadia, une mère de famille, ne peut quant à elle retenir ses larmes. « Je pense à leur famille et je leur demande pardon ne pas avoir pu protéger leurs filles au Maroc, un pays où toutes les religions ont toujours vécu, où il y a une coexistence pacifique, déclare-t-elle. On le savait mais on n'imaginait pas. On se sentait protégés. On pensait que ces valeurs étaient plus fortes que ce crime ».

Le rassemblement s'est achevé par une minute de silence avant qu'une partie des participants ne se rende devant l'ambassade danoise de la capitale marocaine.

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