Madagascar: la Céni répond aux accusations de fraude de Marc Ravalomanana

Antananarivo: un membre de la Ceni va effectuer le comptage des votes dans un centre, le 19 décembre 2018.
© GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Les Malgaches devront attendre encore trois jours avant de connaître leur nouveau président de la République. La Céni a annoncé ce matin  qu'elle publiera ses résultats provisoires jeudi 27 décembre. Selon les tendances partielles publiées par la Commission électorale, Andry Rajoelina est crédité de 55% des voix contre 45% pour Marc Ravalomanana. Ce dernier a contesté les tendances dimanche, et la Céni lui a répondu.

« Des résultats non fiables, une élection non transparente ». Alors que Marc Ravalomanana dénonçait, dimanche soir à la télévision, des fraudes pendant le deuxième tour de l'élection présidentielle, notamment des achats de vote et des trucages de procès-verbaux, moins de 24 heures après, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a tenu à mettre les choses au clair : « Au niveau de la Céni, nous ne sommes pas d’accord avec cette déclaration, a déclaré Thierry Rakotonarivo, le vice-président de la Céni. On a organisé une élection transparente, une élection que nous espérons crédible et une élection avec la participation de tous. C’est une élection inclusive. »

« La Céni est disponible pour toute confrontation ou pour toute demande d'information relative au traitement des résultats, a poursuivi Thierry Rakotonarivo. Le candidat Marc Ravalomanana a demandé des confrontations de procès-verbaux et la Céni a déjà commencé cette opération avant-hier. On accepte toute opération relative à la transparence des élections ».

Appel ambigu aux électeurs

Sentant la victoire s'éloigner, l'ancien chef d'Etat et leader du parti TIM a aussi appelé les électeurs et ses partisans à « se lever pour défendre leur choix ». Malgré cet appel ambigu, le vice-président de la Céni se dit confiant : « Marc Ravalomanana, c’est un homme d’Etat. Donc je crois qu’il va faire les choses conformément à la loi. Il a le droit de porter plainte. Il a le droit de formuler des requêtes. Donc s’il veut saisir la Haute Cour constitutionnelle, c’est son droit le plus absolu. »

« Plusieurs centaines d'électeurs sont venus nous voir à notre quartier général après la déclaration du président Ravalomanana pour nous apporter des preuves de fraudes massives, indique Maitre Hasina Andriamadison, l'un des avocat de l'ancien président. Nos électeurs nous ont apporté des fausses cartes d'identité, des déclarations sur l'honneur des fraudes qu'ils ont vu. Nous les déposerons à la Haute Cour Constitutionnelle ».

Marc Ravalomanana aura deux jours après l'annonce des résultats provisoires pour déposer plainte auprès de la Haute Cour constitutionnelle. Celle-ci aura ensuite neuf jours pour proclamer les résultats définitifs de cette élection après l'annonce de la Céni jeudi.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.