RDC: la machine à voter fait à nouveau polémique

La machine à voter qui doit être utilsée lors des élections du 23 décembre en RDC, exposée à Kinshasa lors d'une démonstration, le 21 février 2018.
© John WESSELS / AFP

Nos confrères de TV5 monde se sont rendus sur les sites de formation de la Céni par lesquels quelque 600 000 agents devaient passer, membres des bureaux de vote, techniciens notamment justement pour comprendre comment fonctionnent les fameuses machines. Or plusieurs d'entre eux disent dans ce reportage qu'il y aura bien, ce que l'opposition redoutait, une transmission électronique des résultats.

C'est même ce que dit le rapporteur adjoint de la Céni à nos confrères, avant d'être interrompu par l'un de ses conseillers et convoqué dans le bureau du président Corneille Nangaa. Quand Onésime Kakutula revient, il a changé de discours et parle bien d'une compilation manuelle des résultats... Même phénomène dans les sites de formation de la Céni, l'encadrement parle à nos confrères d'une compilation manuelle, certains agents d'une transmission électronique des résultats. Une confusion qui, pour l'opposition et la société civile, prouve que la commission électorale n'est pas transparente. La « Céni totalement démasquée », c'est ce que dit sur les réseaux sociaux l'un des deux principaux candidats de l'opposition à la présidentielle, Martin Fayulu. Des confrères congolais parlent même d'un « passage aux aveux » de la Céni.

Que dit la Céni et qu'est-ce qui inquiète ?

La Céni, elle, explique qu'il n'y a pas de confusion, qu'aucune transmission électronique des résultats n'est prévue, que la machine à voter ne sera qu'une imprimante à bulletins et que seul le PV de compilation manuelle des résultats fera foi. Les personnes interrogées « clandestinement » par TV5 ne seraient que des « stagiaires », le rapporteur adjoint aurait été « piégé ». Il faut dire que le vote électronique est officiellement interdit en RDC pour les élections en cours.

Mais ce qui inquiète et ça depuis longtemps, c'est que la machine possède pourtant bien des ports USB, une carte sim, bref : elle peut transmettre et recevoir des données. Et donc en cas de compilation électronique des résultats, ce que l'opposition craint c'est que cette machine permette un bourrage électronique des urnes.

Du côté du FCC, on parle de distraction, par crainte d'une victoire du candidat de la majorité Emmanuel Ramazany Shadary. « Quand on utilisait des bulletins, ils nous accusaient déjà de bourrer les urnes », déplore un représentant de la coalition au pouvoir.

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